1000$ de plus pour l’épicerie d’une famille en 2026, selon un rapport

Au moment où les ménages canadiens peinent déjà à absorber l’inflation alimentaire des dernières années, un nouveau rapport national vient confirmer ce que beaucoup redoutaient : la hausse n’est pas terminée. Dans un contexte marqué par l’incertitude économique, les pressions climatiques et des chaînes d’approvisionnement fragilisées, un ensemble de facteurs se conjugue pour maintenir les prix à des niveaux historiquement élevés. C’est dans ce climat de vulnérabilité budgétaire que s’inscrit l’analyse publiée par Global News, sous la plume d’Alessia Simona Maratta, qui rend compte des conclusions du Canada’s Food Price Report 2026, une étude produite par l’Université Dalhousie et plusieurs autres institutions du pays.

Une facture annuelle qui grimpe encore : 1 000 $ de plus pour une famille moyenne

Comme le rapporte Alessia Simona Maratta pour Global News, le rapport annuel anticipe une augmentation générale des prix alimentaires allant de 4 % à 6 % pour l’année 2026. Selon le Dr Sylvain Charlebois, professeur et directeur principal du Agri-Food Analytics Lab à Dalhousie, cela signifie qu’une famille type de quatre personnes devra débourser environ 1 000 $ de plus pour acheter exactement les mêmes produits qu’en 2025.

Cette prévision s’inscrit dans la continuité des tendances observées : le rapport 2025 prévoyait une hausse entre 3 % et 5 %, et les données de l’Indice des prix à la consommation ont confirmé une montée de 4 %, parfaitement dans la plage anticipée. Les secteurs des produits laitiers, des repas au restaurant et des fruits de mer se sont comportés comme prévu. En revanche, la viande et certaines catégories « autres produits alimentaires » ont dépassé les projections, tandis que les fruits et légumes ont offert un rare répit avec une baisse de prix.

2026 : la viande en tête des hausses

Pour 2026, le rapport cité par Global News prévoit des augmentations dans toutes les grandes catégories alimentaires, sans exception. La viande afficherait la hausse la plus marquée, entre 5 % et 7 %, assortie de la plus grande incertitude. Les produits de boulangerie, les légumes et les repas au restaurant devraient grimper de façon notable, alors que les fruits et les fruits de mer connaissent des augmentations plus modérées.

L’étude repose désormais sur un modèle prédictif unifié, ce qui représente un tournant méthodologique. Comme l’explique Charlebois dans l’entrevue rapportée par Global News, les projections intègrent une vaste constellation de variables : volatilité des tarifs, débats autour du congé de TPS, coûts liés à la taxe carbone, tensions dans le marché du travail, fluctuations des taux d’intérêt et du dollar, sans oublier les répercussions de la campagne « Achetons canadien ».

Selon lui, « beaucoup de facteurs ont rendu les choses plus coûteuses cette année », une tendance qui se prolongera vraisemblablement.

Des dynamiques provinciales contrastées

Le rapport souligne également que les hausses ne seront pas uniformes d’un bout à l’autre du pays. Comme le rapporte Maratta, certaines provinces qui avaient observé des augmentations supérieures à la moyenne en 2025 — notamment la Colombie-Britannique, le Manitoba et le Nouveau-Brunswick — devraient se situer sous la moyenne nationale en 2026.

À l’inverse, l’Alberta, la Nouvelle-Écosse, l’Île-du-Prince-Édouard et le Québec risquent de voir les prix grimper plus rapidement que dans le reste du Canada.

Le rapport met aussi en perspective ce que les ménages ont réellement dépensé : une famille de quatre personnes, qui devait théoriquement consacrer jusqu’à 16 833,67 $ à son alimentation en 2025, a finalement dépensé 16 577,16 $, soit environ 256,51 $ de moins que prévu.

Restaurants : vers un secteur « au-delà de l’inabordable »

Dans les propos recueillis par Global News, Charlebois insiste sur un point où, selon lui, le rapport ne s’est jamais trompé : les prédictions concernant les restaurants et les fruits de mer. Il prévoit pour 2026 une nouvelle hausse de 4 % à 6 % dans les établissements de restauration — une pression supplémentaire qui risque d’être fatale pour de nombreux commerces.

« Les restaurants sont déjà inabordables — ils deviendront désormais au-delà de l’inabordable. […] Il y aura moins de concurrence et des fermetures », prévient-il.

Un facteur souvent sous-estimé contribue à ce phénomène : les Canadiens boivent moins d’alcool. Charlebois explique que l’alcool, produit à forte marge, aide normalement les restaurants à maintenir des prix abordables sur les menus. La chute de la consommation, en particulier chez les jeunes, crée un manque à gagner qui se répercute ensuite sur le coût des plats.

Les données citées par Global News indiquent que les bars, clubs, ainsi que des sociétés d’État comme la SAQ au Québec ou la LCBO en Ontario, constatent des ventes en berne.

Une année 2026 sous pression

Les conclusions relayées par Alessia Simona Maratta pour Global News esquissent un portrait sombre des douze prochains mois pour les ménages canadiens. Entre inflation persistante, pressions fiscales, changements de comportements alimentaires et restructurations dans le secteur de la restauration, l’ensemble du système alimentaire semble soumis à des tensions profondes.

Si les modèles utilisés par le Canada’s Food Price Report ont démontré leur fiabilité, leur message pour 2026 est clair : les Canadiens devront continuer d’ajuster leur budget, leurs habitudes et, dans certains cas, leurs choix de consommation pour naviguer dans un paysage alimentaire de plus en plus coûteux.

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