170 000 $ pour rapatrier des femmes de l’État islamique : vins, friandises et hôtels de luxe

Selon Stewart Bell dans un article publié par Global News le 14 août 2025, le gouvernement fédéral a dépensé au moins 170 000 $ pour rapatrier huit femmes canadiennes ayant rejoint l’État islamique en Syrie, ainsi que leurs enfants, entre 2022 et 2023. Des documents internes, obtenus par la Loi sur l’accès à l’information après deux ans d’attente, révèlent des frais comprenant des vols en classe affaires, séjours à l’hôtel Marriott de l’aéroport de Montréal, service aux chambres, collations, friandises, vins et repas onéreux.

Les factures détaillent des dépenses telles que 95 $ pour du vin, 86 $ en grignotines et médicaments, des repas de plus de 100 $ via le service aux chambres, ainsi que des articles divers comme des livres, vêtements, sacs de voyage et « jetons d’appréciation » achetés chez Best Buy. Les coûts couvraient à la fois les femmes, leurs enfants et les fonctionnaires dépêchés pour les accueillir à Montréal avant leur transfert vers leurs provinces d’origine.

Ces femmes, originaires de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de l’Ontario et du Québec, avaient quitté le pays pour vivre sous le régime de l’EI, organisation responsable de crimes de guerre et d’attentats dans le monde. Capturées à la chute de l’EI, elles étaient détenues dans des camps syriens. Leur retour a été obtenu après une bataille judiciaire lancée par leurs familles.

Les opérations de rapatriement — baptisées CONOP1, CONOP2 et CONOP3 — ont coûté respectivement 10 863 $, 132 445 $ (25 000 $ au-dessus du budget prévu) et 27 800 $. Les documents indiquent que certains frais, comme l’extraction des femmes depuis la Syrie, n’ont pas été inclus dans le total dévoilé, et 50 pages de documents ont été retenues en raison de consultations avec un gouvernement étranger.

Des critiques, notamment de Secure Canada, un organisme regroupant des familles de victimes du terrorisme du 11 septembre, ont dénoncé une « extravagance » choquante pour des personnes ayant trahi leur pays. Sa PDG, Sheryl Saperia, estime que cette situation illustre un déséquilibre indécent entre le traitement réservé aux anciens combattants de l’EI et celui accordé aux victimes, qui doivent souvent financer elles-mêmes leurs démarches judiciaires.

Pendant que les femmes ont été rapatriées et parfois inculpées ou soumises à des engagements de paix liés au terrorisme, au moins quatre hommes canadiens liés à l’EI restent détenus dans des camps syriens, le gouvernement ayant refusé leur retour. Selon le SCRS, l’organisation terroriste demeure une menace active par ses réseaux et sa capacité à inspirer des attaques au Canada.

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