Le Western Standard rapporte, sous la plume de Jarryd Jäger, qu’une controverse a éclaté autour du Canadian International Air Show à Toronto, tenu les 30 et 31 août 2025, alors que des critiques l’accusent d’infliger un « profond traumatisme » à la communauté palestinienne vivant au Canada. En cause : la présence de chasseurs F-35, perçus par certains comme un rappel direct des bombardements en cours à Gaza.
Les accusations de traumatisme et de cruauté
Selon Jarryd Jäger, la journaliste turco-canadienne Nur Dogan, collaboratrice du média The Maple, a écrit sur X (anciennement Twitter) que « ce n’est pas simplement un spectacle pour les gens ; c’est un traumatisme profond pour les familles palestiniennes dont les maisons ont été détruites par les bombardements israéliens à Gaza ». Elle a qualifié la tenue de l’événement de cruauté, et ses propos ont été relayés par d’autres militants, dont Maranda With An A, qui a dénoncé le « cynisme » de la Ville de Toronto en continuant d’accueillir le spectacle aérien.
Toujours selon l’article du Western Standard, l’organisation militante World Beyond War s’est jointe aux critiques, accusant le spectacle d’être une « publicité flagrante pour le militarisme, la guerre et la violence ». Le groupe estime que le bruit des avions constitue un « rappel effrayant de la violence » pour de nombreux réfugiés installés à Toronto après avoir fui des zones de guerre, et que l’événement inflige une « anxiété inutile » à ces survivants.
La riposte des défenseurs du spectacle
Ces prises de position ont rapidement provoqué une vague de réactions indignées. Jarryd Jäger souligne que de nombreux internautes ont défendu la tradition du spectacle aérien, qui existe depuis 1949 et attire chaque année des foules importantes sur le front de mer torontois.
La photojournaliste torontoise Beth Baisch a répondu que « le spectacle aérien est génial » et qu’elle était « reconnaissante de vivre dans un pays où une démonstration acrobatique habile est une source de divertissement, et non de terreur ».
L’ancien député fédéral Kevin Vuong a renchéri, affirmant que ceux qui s’opposent à l’événement n’avaient qu’à « quitter la ville pour la fin de semaine » ou à « aller ailleurs durant les heures du spectacle ».
De son côté, l’ancienne députée provinciale Goldie Ghamari a évoqué son propre passé : née en Iran, elle dit avoir grandi sous la menace constante des bombardements irakiens. Pourtant, l’un de ses souvenirs d’enfance les plus heureux demeure la première fois où ses parents l’ont amenée voir le spectacle aérien après leur immigration au Canada. Son message était clair : « soit on s’adapte, soit on part ».
Un événement enraciné dans la culture torontoise
Comme le rappelle Jarryd Jäger dans le Western Standard, le spectacle a attiré une foule nombreuse les 30 et 31 août. Aux côtés des F-35 controversés, le public a pu admirer le légendaire P-51 Mustang, les acrobaties de la patrouille des Snowbirds et plusieurs autres démonstrations.
Si les critiques dénoncent la « glorification de la guerre », la majorité des spectateurs semblent percevoir l’événement comme une célébration technique, historique et culturelle. Il n’en demeure pas moins que cette controverse illustre la tension croissante entre une tradition populaire canadienne et la sensibilité accrue de certains groupes immigrants radicalisés.



