Adolescent arrêté à Montréal pour terrorisme : de nouvelles accusations après une attaque contre un policier

L’arrestation d’un adolescent à Montréal pour des projets d’attentats liés au groupe armé État islamique prend une tournure encore plus grave. Alors qu’il devait comparaître jeudi devant le Tribunal de la jeunesse, le jeune suspect fait maintenant face à des accusations additionnelles après avoir agressé un policier lors de sa détention.

Une arrestation sous haute surveillance

Comme l’a rapporté Stéphanie Marin pour Le Devoir, l’opération policière s’est déroulée mercredi après-midi dans l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce. Une quarantaine de policiers, dont des membres du Groupe tactique d’intervention (GTI) de la GRC, ont participé à l’arrestation, qui s’est conclue sans incident. L’intervention faisait suite à une enquête entamée plus tôt cette année à la suite de renseignements transmis au centre de coordination provincial de la GRC.

Le caporal Érique Gasse, porte-parole de la GRC, a précisé que l’adolescent avait prêté allégeance à l’État islamique et entrepris des démarches pour se procurer des armes d’assaut de type AK-47. Sur les réseaux sociaux, il aurait tenu des propos « menaçants et inquiétants » visant différents groupes de personnes. Malgré la gravité de ces intentions, le caporal a insisté sur le fait que la population « n’a jamais été en danger », les enquêteurs ayant maintenu une surveillance constante.

Nouvelles accusations pour voies de fait

Selon l’équipe d’enquête de La Presse, Vincent Larouche rapporte que l’adolescent, après son arrestation, aurait attaqué un policier pendant sa détention, causant des blessures. Deux nouvelles accusations s’ajoutent ainsi au dossier : voies de fait avec lésions corporelles et voies de fait sur un agent de la paix. Ces chefs viennent s’ajouter aux trois accusations initiales liées au terrorisme : facilitation d’une activité terroriste, participation à une activité d’un groupe terroriste et fourniture de biens ou services à des fins terroristes.

Une menace récurrente

Marie-Christine Bouchard, également de l’équipe d’enquête de La Presse, rappelle que ce n’est pas la première fois que des mineurs se retrouvent devant la justice pour des accusations semblables. En 2014, un adolescent montréalais de 15 ans avait été arrêté après un vol qualifié destiné à financer son départ vers l’étranger pour rejoindre un groupe terroriste. Plus récemment, en décembre 2023, deux jeunes de la région d’Ottawa avaient été accusés de complot de meurtre au profit d’un groupe terroriste et de diffusion de propagande djihadiste. La même année, Gérald Nicolas, un homme de 53 ans de Lévis, avait lui aussi été inculpé pour avoir facilité un projet violent visant Haïti.

Prévention et vigilance

Les autorités rappellent que la lutte contre la radicalisation menant à la violence demeure une priorité nationale. La GRC et le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) multiplient les efforts de coopération pour détecter et neutraliser ces menaces avant leur passage à l’acte. Le public est également invité à contribuer à cette vigilance : « Si vous voyez ou entendez quelque chose, n’hésitez pas », a insisté le caporal Gasse, cité par Le Devoir. Les citoyens peuvent signaler tout comportement suspect au Réseau info-sécurité nationale ou directement auprès des services policiers.

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