Le bouillant chef du Parti libéral du Québec, Pablo Rodriguez, a décidé d’exclure du caucus la députée Marwah Rizqy. Celle-ci aurait sanctionné Geneviève Hinse, la directrice de cabinet de Rodriguez, qui aurait utilisé des fonds publics pour promouvoir la candidature de l’actuel chef lors de la course à la chefferie. Pablo Rodriguez s’est-il tiré durablement dans le pied en agissant de manière unilatérale?
Un scandale de corruption alors que les libéraux ne sont même pas au pouvoir? Ce n’est guère surprenant — et cela offre un bref aperçu de ce à quoi pourrait ressembler un gouvernement dirigé par Pablo Rodriguez. L’ancien lieutenant de Justin Trudeau au Québec doit encore acquérir de la légitimité en vue de l’affrontement d’octobre 2026, face à un François Legault en fin de cycle et à un Paul St-Pierre Plamondon galvanisé.
Mais au lieu de projeter l’image d’un parti rassembleur, il sanctionne sa députée la plus appréciée du public. Marwah Rizqy fait figure d’exception au Parti libéral : elle possède une éthique irréprochable et n’hésite pas à dénoncer les méthodes passées — et, visiblement, actuelles — de son parti. Elle a remis en question de nombreuses pratiques controversées chez les libéraux, au point où bien des gens se demandent encore pourquoi elle y est restée si longtemps.
Elle représentait le visage humain du PLQ, loin des figures austères ou arrogantes associées à Jean Charest, Philippe Couillard, Sam Hamad ou Michèle Courchesne. Rodriguez avait tout intérêt à la garder près de lui : des figures réellement attachantes, c’est précisément ce qui manque au Parti libéral. En agissant ainsi, il démontre qu’il n’accorde que peu d’importance à l’intégrité, et qu’il reste loin d’avoir acquis la légitimité populaire nécessaire avant de se présenter devant les électeurs.
C’est probablement une bonne nouvelle pour Paul St-Pierre Plamondon : Rodriguez agit de manière unilatérale, imprévisible, parfois même agressive. On se souvient de ses prestations à la Chambre des communes face au Bloc québécois. Il incarne plusieurs des défauts que les Québécois détestent chez leurs politiciens. Il est encore trop tôt pour le déclarer vaincu aux prochaines élections, mais s’il poursuit dans cette direction, il convaincra difficilement que le Parti libéral a véritablement changé.



