Dans un article paru dans le Western Standard le 19 décembre 2025, Hymie Rubenstein dresse un portrait très critique de Amira Elghawaby, représentante spéciale du gouvernement fédéral chargée de la lutte contre l’islamophobie. Le texte soutient que plusieurs de ses affirmations publiques reposeraient sur des exagérations, voire des constructions trompeuses, alors que les crimes haineux visant les Juifs connaissent une hausse marquée au Canada.
Des informations révélées par Blacklock’s Reporter indiquent que le bureau de la représentante spéciale aurait servi à promouvoir l’aménagement de salles de prière musulmanes dans les édifices fédéraux. Cette démarche aurait été justifiée par l’existence présumée d’une islamophobie en milieu de travail, notamment lorsque des accommodements religieux ne sont pas accordés. Le même bureau aurait aussi soutenu des employés fédéraux souhaitant s’exprimer sur des enjeux liés à la Palestine dans le cadre professionnel.
Certaines affirmations relayées dans ce contexte sont présentées comme non étayées, notamment celle voulant que des employés aient été escortés hors de leur lieu de travail pour des propos pro-palestiniens. Ces déclarations auraient été formulées devant le Muslim Federal Employees Network, un groupe bénévole fondé en 2021. Une enquête de 2024 indique qu’environ 6 350 des 279 396 employés fédéraux s’identifient comme musulmans, soit près de deux pour cent de l’effectif total.
Le texte insiste sur le calendrier de certaines initiatives, soulignant que ce réseau s’est montré particulièrement actif quelques jours seulement après les attaques du 7 octobre 2023 perpétrées par le Hamas en Israël, attaques ayant entraîné des actes de violence extrême contre des civils, dont plusieurs Canadiens. Le 16 octobre suivant, une vidéoconférence intitulée Free Expression and Safety in the Workplace était organisée, un choix présenté comme profondément maladroit compte tenu du contexte.
Des échanges de courriels internes sont aussi cités. Un message daté du 9 octobre 2024, soit un an après les événements, exprimait de la solidarité envers les employés musulmans durant cette période commémorative, qualifiée de « semaine très difficile ». D’autres notes internes évoquaient une montée des sentiments anti-palestiniens au Canada, décrite comme une source d’insécurité pour les communautés musulmanes.
Une large part de l’analyse repose sur des données statistiques. En 2024, la majorité des crimes haineux religieux déclarés au Canada visaient des personnes juives, dans une proportion de 68 %, contre 17 % pour les personnes musulmanes. Ces chiffres sont présentés comme sous-estimant la réalité, de nombreux incidents n’étant jamais signalés. Le recensement de 2021 est également mobilisé : environ 1,8 million de musulmans vivaient alors au Canada, représentant près de 5 % de la population, contre un peu plus de 335 000 personnes de religion juive, soit moins de 1 %.
À Toronto, les données de 2024 montrent que 40 % des crimes haineux signalés visaient des Juifs, tandis que les incidents rapportés comme anti-musulmans affichaient une baisse de 15 % par rapport à l’année précédente. L’ensemble de ces chiffres est utilisé pour soutenir l’idée que l’antisémitisme est à la fois numériquement et proportionnellement plus répandu que l’islamophobie au Canada.
Le texte revient ensuite sur les controverses entourant la nomination de la représentante spéciale. Si le Conseil national des musulmans canadiens avait salué cette désignation comme un moment historique, la réaction au Québec avait été nettement plus critique. Le premier ministre François Legault avait même réclamé son départ à la suite de révélations de La Presse concernant des propos antérieurs affirmant que les Québécois semblaient influencés par des sentiments anti-musulmans. D’autres écrits, publiés notamment dans l’Ottawa Citizen et le Toronto Star, sont évoqués pour illustrer une vision militante de l’histoire canadienne, de la monarchie et du conflit israélo-palestinien.
Un épisode plus récent soulève également des questions de transparence. Des documents obtenus par accès à l’information révèlent le versement discret de 80 000 dollars à un centre de recherche de l’York University afin de produire un rapport sur l’islamophobie et le racisme anti-palestinien après le 7 octobre 2023. Ce financement aurait pourtant été nié publiquement par le bureau concerné, malgré l’existence d’un protocole d’entente signé plus tôt dans l’année.
Le rapport en question, présenté à la colline du Parlement à l’été 2025, a été officiellement appuyé par la représentante spéciale sans divulgation du financement gouvernemental. Cet épisode est présenté comme emblématique des critiques persistantes concernant l’impartialité et la crédibilité de la fonction.
L’ensemble du texte dresse ainsi le portrait d’une responsable fédérale perçue comme idéologiquement engagée, peu rigoureuse dans l’usage des faits et réticente à reconnaître l’ampleur réelle de l’antisémitisme au Canada. Selon cette lecture, ces éléments expliquent pourquoi les appels à sa destitution se maintiennent depuis sa nomination.



