Une étrange vidéo circule ces jours-ci dans les cercles nationalistes sur les réseaux sociaux. On y voit des étudiants étrangers — visiblement originaires du sous-continent indien, le visage flouté — réclamer que le collège LaSalle, où ils sont inscrits, annule les mesures de francisation. Ces mêmes mesures qui, notons-le, ne sont pas exigées à McGill ou Concordia.
Comment interpréter une telle revendication ? Il faut bien admettre que c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité. Le Québec ouvre ses portes à une immigration de travail, dans un contexte de pénurie de logements et de pression sur les services publics. Une immigration qui, dans certains cas, bénéficie d’un accès privilégié à des ressources auxquelles même les citoyens de souche ont de plus en plus difficilement accès. Et qu’obtient-on en retour ? Du mépris.
Le français est souvent perçu comme superflu, voire comme un obstacle. Trop complexe, trop régional, entend-on. Pourquoi s’embarrasser d’apprendre une langue parlée seulement au Québec et en Europe, alors qu’un anglais approximatif, le fameux globish, suffit partout ailleurs ? C’est précisément pour contrer cette logique que le gouvernement du Québec doit sévir, comme il a eu raison de le faire en infligeant une amende de 30 millions de dollars au collège LaSalle. Une rare décision éclairée.
La francisation ne peut pas être une option facultative : elle doit être une condition sine qua non de l’accueil et de l’intégration au Québec. Et ceux qui s’y opposent devraient sérieusement envisager de s’établir dans une autre province ou aux États-Unis, où ils pourront évoluer dans un environnement majoritairement anglophone. Le Québec n’a pas à devenir une succursale de l’anglosphère pour satisfaire des exigences déconnectées du contexte local.
Regardons la Suisse : y observe-t-on de telles tensions linguistiques ? Non. Parce que chaque canton — qu’il soit francophone, alémanique ou italophone — applique un régime clair : la vie civique, l’éducation, les institutions fonctionnent exclusivement dans la langue du territoire. Même le service militaire. Ce modèle fonctionne, car il respecte la réalité linguistique et identitaire de chaque région. Le Canada aurait intérêt à s’en inspirer.
En attendant, saluons la fermeté du gouvernement Legault dans l’application de la loi 101 réformée. Le motif de l’amende ? Un trop grand nombre d’étudiants étrangers dans le volet anglophone du collège LaSalle. C’est un signal fort, et il faut poursuivre dans cette voie.



