Depuis quelques semaines, les réseaux sociaux relaient une succession d’évènements troublants qui mettent en lumière une montée préoccupante de la haine dirigée contre les communautés juive et chrétienne à Montréal. Qu’il s’agisse d’agressions physiques, de harcèlement ou d’appels explicites au meurtre, ces cas traduisent un climat de radicalisation et de banalisation de la violence religieuse qui inquiète.
Un militant pro-palestinien radical vise des femmes juives
Le premier épisode concerne Yves Engler, militant pro-palestinien connu pour ses positions extrêmes et candidat déclaré à la chefferie du NPD. Engler a été filmé en train de harceler des femmes juives assises dans leur voiture, les accusant de « tuer des enfants » en raison de leur appartenance communautaire. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a dû intervenir pour mettre fin à l’incident.
UNHINGED: Anti-Israel Montreal-based political activist Yves Engler harasses Jewish woman wearing a Star of David. He said, “you’re killing more children”.
— Canary Mission (@canarymission) July 30, 2025
Police had to jump in to stop him.
Engler is running to lead a major political party in Canada. Imagine someone this… pic.twitter.com/18CJjBvvvQ
Déjà tristement célèbre pour ses campagnes d’intimidation contre des personnalités publiques qui ne partagent pas ses idées, Engler illustre par ce geste la dérive d’une frange radicale de la gauche canadienne qui n’hésite pas à cibler des civils en pleine rue au nom de ses convictions politiques.
Un père de famille juif violemment battu devant ses enfants
Quelques jours plus tard, un autre incident a secoué Montréal : un père juif a été roué de coups par un homme identifié comme Sergio Yanes Preciado, dans un parc de la ville. L’agresseur aurait jeté la kippa de sa victime à l’eau, un geste lourd de symbolisme antisémite. L’attaque, qui s’est produite devant les enfants du père de famille, a profondément choqué l’opinion.
Today in Montreal Jewish father with 3 kids beaten in an unprovoked attack, seemingly by a disturbed person, words have consequences. @Val_Plante @SPVM why did it take for the SPVM over an hour to respond? pic.twitter.com/MufsGoDMjW
— Mayer Feig (@mayerfeig) August 8, 2025
Bien que les motifs exacts de l’agresseur restent à préciser, plusieurs éléments indiquent un mobile à caractère antisémite. Là encore, le SPVM est intervenu et l’individu a été arrêté, mais la scène a laissé une impression durable de vulnérabilité pour la communauté juive.
Un prédicateur chrétien agressé en pleine rue
La violence ne s’est pas limitée aux Juifs. Un prédicateur chrétien débattant de religion dans les rues de Montréal a été pris à partie par de jeunes musulmans. Selon les images diffusées, il a été frappé, insulté, craché dessus et aspergé de liquide après avoir remis en question certains dogmes de l’islam.
La jeunesse musulmane est TRÈS bien intégrée au Québec
— Québec FIER (@QuebecFier) August 17, 2025
Un homme qui débat sur les religions dans les rues de Montréal s'est fait frappé et craché dessus quand il a remis en question certains dogmes de l'islam. Ils l'ont également aspergé de jus. Tous des actes criminels.
La… pic.twitter.com/vT67NxRQjt
Cet épisode démontre que le climat de radicalisation ne se traduit pas seulement par des agressions antisémites, mais touche aussi les chrétiens qui osent exprimer leur foi ou critiquer des aspects de l’islam. L’intolérance s’exprime ici sous des formes humiliantes et violentes.
Menaces de mort explicites au nom d’Allah
Une scène captée à Ville Saint-Laurent montre un homme vêtu d’une tenue traditionnelle orientale proférant des insultes racistes et des menaces de mort contre des Juifs. On l’entend déclarer qu’il « attend l’ordre d’Allah » pour les tuer, tout en les traitant de « fucking monkeys ».
Ville Saint-Laurent : un islamiste enragé déguisé en chef tribal du désert menace de tuer des Juifs
— Québec FIER (@QuebecFier) August 18, 2025
Ce monsieur a été arrêté par le SPVM. Tant mieux.
Mais on s'interroge toujours. L'immigration islamique est-elle vraiment une richesse pour le Québec?🤔#polmtl #polqc pic.twitter.com/itis5QUHg5
L’homme a été arrêté par le SPVM, mais la gravité de ses propos souligne un basculement inquiétant : nous ne sommes plus dans l’intimidation verbale ou la provocation politique, mais dans l’appel explicite au meurtre au nom d’une idéologie religieuse radicalisée.
Un journaliste de Radio-Canada mêlé à des propos antisémites
L’affaire la plus choquante est sans doute celle révélée par Rebel News et relayée par plusieurs observateurs : Léo Kalinda, journaliste vétéran de Radio-Canada, actif depuis 1978 et figure respectée du paysage médiatique, a été identifié dans une vidéo où il insulte un juif orthodoxe à Montréal.
On l’entend traiter sa victime de « chien », lui dire « tu es tué », l’enjoindre à « aller à Gaza pour mourir », et le qualifier de « tueur ». Lorsqu’on lui demande pourquoi il parle ainsi, il répond : « You know why » (« Tu sais pourquoi »).
Leo Kalinda @leo_kalinda is a Rwanda born Journalist working with @CBCRadioCanada @iciradiocanada @CBCNews since 1978 in a career spanning nearly 5 decades.
— Leviathan (@l3v1at4an) August 18, 2025
Leo Kalinda has been identified in a @RebelNewsOnline video as the man calling an Orthodox Jewish man in Montreal a dog,… pic.twitter.com/bQ0MvSIXiu
Cette identification, confirmée par Alexa Lavoie sur Twitter, représente un scandale majeur : un représentant d’une institution publique, financée par les contribuables et censée incarner la neutralité journalistique, se retrouve impliqué dans un discours de haine antisémite. La question de l’impartialité et de la responsabilité de Radio-Canada face à ses employés est désormais posée.
Un climat inquiétant de radicalisation
Pris isolément, chacun de ces épisodes pourrait passer pour un fait divers. Mais leur accumulation révèle une dynamique inquiétante : la réémergence d’un antisémitisme décomplexé et d’une violence religieuse importée dans nos rues. Le conflit israélo-palestinien agit comme catalyseur, mais le terreau était déjà là : manifestations complaisantes envers le Hamas, radicalisation sur les campus, discours islamistes jamais vraiment disparus.
Que des femmes juives soient harcelées, qu’un père soit battu devant ses enfants, qu’un prédicateur chrétien soit humilié et qu’un homme proclame attendre « l’ordre d’Allah » pour tuer, cela dépasse le militantisme. On assiste à une normalisation de l’intimidation religieuse et à une escalade vers l’appel au meurtre.
L’affaire Kalinda, enfin, illustre le plus grave : cette haine n’est pas confinée aux marges violentes, mais peut même contaminer les institutions les plus respectées. Quand un journaliste de Radio-Canada est identifié dans une vidéo proférant des insultes antisémites, c’est tout l’édifice de confiance médiatique et sociale qui vacille.
Un défi pour la société québécoise et canadienne
Ces épisodes doivent sonner l’alarme. La tolérance, la liberté religieuse et le vivre-ensemble sont des acquis fragiles que la montée d’une radicalisation islamiste et d’un antisémitisme décomplexé menace de saper. Les autorités policières et politiques ne peuvent plus se contenter de traiter ces incidents comme des cas isolés : ils relèvent d’une tendance lourde.
Le Québec et le Canada se trouvent aujourd’hui face à un défi de civilisation : défendre leur cohésion sociale contre ceux qui veulent imposer la peur, la haine et la violence religieuse dans nos rues – parfois même avec la complicité implicite d’élites médiatiques.



