La ministre du Patrimoine, Pascale St-Onge, y est allée de plusieurs propositions, dont certaines audacieuses, sur l’avenir de CBC/Radio-Canada. Elle parle d’abolir les frais d’abonnement aux services tels que Tou.tv, ainsi que d’interdire la publicité durant les émissions d’information. Par contre, là où cela accroche, c’est sur l’augmentation drastique du budget de la société d’État.
La ministre propose de doubler le montant versé par Ottawa. Une bonne ou une mauvaise idée ? Tout devrait pouvoir se discuter. Le prochain gouvernement devra rendre des comptes sur les abus de Radio-Canada, mais aussi trouver des solutions pour assurer son avenir.
CBC/Radio-Canada reçoit actuellement 1,4 milliard de dollars par année du gouvernement canadien, sans compter les revenus publicitaires ni les abonnements en ligne. Cela fait beaucoup d’argent. Il faut voir Radio-Canada comme un service public, notamment pour la diffusion de l’information locale et régionale, qui est de moins en moins rentable pour les acteurs privés.
TVA a fermé plusieurs stations en région, ne laissant parfois que Radio-Canada pour couvrir l’actualité locale. Nous pourrions aussi mentionner les coopératives de l’information, qui regroupent les anciens journaux de Gesca. Plus il y a d’acteurs locaux, mieux c’est, et plus ils sont capables de se financer par des donateurs privés ou des publicités, sans dépendre des aides de l’État, mieux c’est également.
Radio-Canada ne doit pas disparaître. Elle doit cependant revoir toutes ses pratiques. Puisque la chaîne et ses filiales locales sont financées par les contribuables, nous sommes en droit de demander des comptes quant à sa ligne éditoriale.
Si la majorité des Québécois et des Canadiens sont contre le wokisme, les politiques de diversité ou encore les théories du genre, nous sommes en droit d’exiger que Radio-Canada accorde une tribune aux opposants à ces idées. Pourquoi une émission comme Tout le monde en parle peut-elle être aussi biaisée après tant d’années ?
Inviter Mathieu Bock-Côté ou Guy Nantel est vu par certains dans ce milieu comme un geste inacceptable. Par contre, il n’y a aucun problème à inviter des chroniqueurs du Devoir qui versent régulièrement dans le racialisme. Où est l’objectivité là-dedans ?
La démocratie, ce n’est pas seulement la diversité des points de vue, mais c’est aussi, pour les milieux intellectuels, artistiques et médiatiques, la capacité de tolérer des voix un peu moins à gauche. On a beau dire ce que l’on veut du Journal de Montréal, mais c’est le seul média à regrouper une véritable diversité d’opinions.
On a beau ne pas aimer également QUB Radio, mais ils invitent régulièrement des gens opposés au nationalisme conservateur majoritaire parmi leurs animateurs. Radio-Canada doit faire de même. Plusieurs chroniqueurs ont été évincés pour avoir refusé de se plier au politiquement correct.
Pourtant, dire le titre d’un livre, Nègres blancs d’Amérique de Pierre Vallières, ne devrait pas mener à des sanctions. La société d’État doit revoir ses politiques de fond en comble et renoncer à l’application stricte de sa ligne éditoriale actuelle, qui repose essentiellement sur la promotion du multiculturalisme, de la diversité, de l’inclusion et de l’unité canadienne.
Les points de vue, même contraires à ceux du gouvernement, doivent être diffusés. La BBC a répondu aux critiques des conservateurs en diversifiant les perspectives offertes. Radio-Canada devrait faire de même.
De plus, la société d’État devrait recentrer ses efforts sur ce qu’elle fait de mieux : l’information. Le divertissement, de plus en plus dominé par Internet, pourrait être mis en second plan pour redonner à Radio-Canada sa mission première.
À quand le retour de correspondants à l’étranger, comme à l’époque où Jean-François Lépine couvrait l’ouverture de la Chine sur le monde ? Quant à Enquête, il s’agit de l’une des meilleures émissions du paysage médiatique.
Dénoncer les injustices, le crime organisé, la corruption : voilà une mission digne d’une société d’État. Personne ne s’y oppose. Des émissions comme La Facture ou L’épicerie font également un excellent travail pour protéger les consommateurs contre les abus des entreprises.
Il ne s’agit pas de jeter le bébé avec l’eau du bain, mais de revoir le financement de Radio-Canada en fonction du respect de la diversité des points de vue dans la société canadienne. Donner une tribune même aux opinions impopulaires dans les milieux progressistes serait un pas dans la bonne direction.
Quant à la fin des frais d’abonnement pour le contenu en ligne, c’est une excellente idée. Pour le reste, ce sera au prochain gouvernement de trancher.
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