Pierre Poilievre a soulevé récemment une absurdité permise par le système électoral canadien : celle qui autorise un candidat n’habitant pas la circonscription, ou n’étant pas disposé à y déménager, à inscrire son nom sur le bulletin de vote en collectant une centaine de signatures. En ce moment, ce sont des justiciers du clavier qui militent pour un système électoral proportionnel qui font ce coup. Mais seulement contre les conservateurs ? Pourquoi ? Parce qu’ils représentent le mal incarné. Tout simplement.
Pourquoi ne pas avoir opposé une centaine de candidats à Mark Carney ? Ils sont trop politiquement corrects pour ça. Après tout, pour une certaine gauche, si les libéraux ne sont pas leur gouvernement idéal, ils demeurent néanmoins attachés au multiculturalisme canadien, même si cela va à l’encontre d’un désir de justice sociale réelle. Mentionnons seulement la crise du logement, exacerbée par les politiques d’immigration des libéraux. Mais ça, ils ne veulent pas l’entendre.
Peu importe. Poilievre a raison de dénoncer le ridicule d’un bulletin de vote regroupant plus de 132 noms, la plupart ayant le même agent officiel. Un tel bulletin ne fait que semer la confusion, alors que celui-ci, de base, est parfois mélangeant pour des personnes peu habituées. Alors, pourquoi en rajouter ? Et pourquoi plus spécifiquement s’attaquer aux conservateurs ?
On se souvient de cette farce du Parti Rhinocéros, qui a présenté un autre Maxime Bernier face à son célèbre homonyme en Beauce. Pour une certaine gauche progressiste inclusive, la démocratie est un jeu à géométrie variable. Ils aimeraient bien avoir un système proportionnel, où ils pourraient avoir la balance du pouvoir avec à peine 5 % du vote. Mais quand les autres gagnent ? C’est la montée d’un discours réactionnaire de droite, et c’est la faute aux influenceurs masculinistes.
Quoiqu’il en soit, ne tombons pas dans le piège. Le ridicule fera son temps. Leur bateau est en train de couler et personne n’ira les secourir au fond des abysses.



