Bureau de Marc Miller saccagé : l’extrême-gauche ne vit pas sur la même planète que nous

Ça ne fait pas une semaine qu’un candidat présidentiel aux élections américaines a vécu une tentative d’assassinat ; le sujet de la violence politique et du ton des débats est sur toutes les lèvres, et qu’est-ce que l’extrême-gauche fait? Elle vandalise le bureau d’un ministre et le qualifie de « tueur d’enfants » dans des graffitis… Tristement éloquent du deux poids deux mesures en termes de violences politiques.

Il y a une expression anglaise qui dit « read the room » ; c’est-à-dire « prends le pouls de la pièce avant de faire quelque chose ». Apparemment, l’extrême-gauche n’a pas reçu le mémo. Cette mouvance politique qui s’autofélicite constamment d’agir par philanthropie se fout éperdument du reste de la société, en fait. Elle vit complètement sur une autre planète.

En effet, dans la nuit de mercredi à jeudi, des militants de toute apparence pro-palestiniens ont saccagé le bureau du ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté. Fenêtre fracassée, entrée par effraction, jets de peinture partout, graffiti où est inscrit « Marc Miller, Child Killer » (Marc Miller, tueur d’enfants) ; tout y est passé.

Quel est le but de qualifier un politicien de « tueur d’enfants », à votre avis, si ce n’est pas pour inspirer de la violence à son égard? Tout le monde sait de quoi il s’agit.

Mais il y a quelque chose de troublant dans le caractère décomplexé de ces coups d’éclats : nous y sommes complètement habitués. On ne fait même plus l’effort de tenir la gauche responsable de ses débordements ; c’est juste la routine.

Dans les derniers jours, tout le monde, de la classe politique aux journalistes en passant par le public, s’entendait pour dire que la violence n’avait pas sa place dans nos démocraties. Et pourtant, 4 jours plus tard, l’extrême-gauche est de retour avec des actes violents.

Comme si tous ces discours, toutes ces préoccupations, tout ce consensus ne les concernait pas. Eux, ils sont le camp du bien et peuvent attaquer qui ils veulent. C’est comme ça. On ne peut rien y faire.

Ce n’est même plus la peine de tenter d’énumérer ces manifestations de radicalité à gauche – il y en a trop – mais rappelez-vous, il y a un mois, lorsque les organisations pro-palestiniennes de Concordia et Mcgill organisaient un « camp d’été militant » aux apparences de camp d’entraînement terroriste, avec une affiche affublée de militants Fedayins armés d’AK-47… Il n’y a apparemment aucune limite pour eux. Aucun bon sens. Aucune considération pour les citoyens.

C’est d’autant plus ironique, considérant que Marc Miller, un ministre libéral de Justin Trudeau, est la cible de nombreuses critiques par les conservateurs et la droite identitaire, pour qui les niveaux d’immigration actuels sont carrément criminels. Et aujourd’hui, ce sont ces mêmes conservateurs et gens de droite qui défendent le ministre contre ces militants dégénérés… Et malgré tous les désaccords politiques, il n’y a pas une seule personne de droite pour insinuer qu’il l’aurait cherché avec ses « politiques divisives ».

C’est à croire qu’en termes de violence politique, c’est du deux poids deux mesures. Et comme d’habitude, c’est la gauche qui se permet tout.

Philippe Sauro-Cinq-Mars

Diplômé de science politique à l'Université Laval en 2017, Philippe Sauro Cinq-Mars a concentré ses recherches sur le post-modernisme, le populisme contemporain, la culture web et la géopolitique de l'énergie. Il est l'auteur du livre "Les imposteurs de la gauche québécoise", publié aux éditions Les Intouchables en 2018.

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