Calgary s’apprête à tester une nouvelle approche face à la consommation de drogues en public. Comme l’a expliqué Scott Strasser dans le Calgary Herald, le conseil municipal a adopté un amendement proposé par la mairesse Jyoti Gondek qui prévoit un projet pilote dès 2026.
Ce programme donnerait aux agents municipaux le pouvoir de saisir et détruire des substances trouvées sur le terrain, puis de rediriger les usagers vers le tribunal communautaire. Gondek affirme que ce modèle permettrait de responsabiliser les contrevenants tout en les connectant à des services d’aide pour traiter les causes profondes de la dépendance.
La mesure est loin de faire consensus. Des élus comme André Chabot et Sonya Sharp estiment qu’il s’agit d’une manœuvre électoraliste, la mairesse étant candidate à sa réélection. Ils l’accusent d’avoir contourné le processus normal de décision pour capitaliser politiquement sur un sujet sensible.
Le gouvernement provincial soutient néanmoins l’initiative. Le ministre de la Sécurité publique, Mike Ellis, insiste sur le droit des citoyens à circuler et à fréquenter les parcs sans être exposés à la consommation de rue ou aux risques liés aux seringues abandonnées.
Mais des experts en santé publique, comme le professeur Monty Ghosh de l’Université de Calgary, s’inquiètent des effets pervers d’une telle interdiction. Selon lui, les personnes en situation d’itinérance qui consomment en public le font souvent faute d’endroit privé. Un bannissement pourrait les pousser à se cacher, à consommer plus vite, et donc à augmenter les risques d’overdose. Il estime qu’élargir l’offre de sites de consommation supervisée – Calgary n’en compte qu’un seul – serait une solution plus efficace pour réduire la consommation visible et protéger la santé des usagers.
Entre préoccupations de sécurité, pressions électorales et enjeux de santé publique, Calgary marche donc sur une ligne étroite. Le projet pilote sera réexaminé en 2026, moment où ses modalités et son financement devront être précisés.



