Carney et la Chine : quand la sécurité nationale doit primer sur la tentation économique

Pour la chroniqueuse Tasha Kheiriddin du National Post, le premier ministre Mark Carney se trouve dans une impasse périlleuse : d’un côté, un Donald Trump belliqueux, qui étrangle le secteur automobile canadien et bloque les négociations commerciales ; de l’autre, Xi Jinping, qui tend la main à Ottawa en échange de la levée du bannissement des véhicules électriques chinois. Un marché tentant sur le plan économique, mais dangereux sur le plan stratégique, prévient Kheiriddin.

L’auteure rappelle que l’interdiction des voitures chinoises ne relève pas seulement de la défense industrielle, mais de la sécurité nationale. « Si vous pensez que TikTok est une mine de données, attendez que des millions de voitures chinoises bardées de puces circulent sur nos routes », écrit-elle, rappelant que Washington a imposé les mêmes restrictions pour contrer les risques d’espionnage.

Pour Kheiriddin, s’ouvrir à Pékin ne fera qu’envenimer les relations avec Washington. Elle cite notamment l’exaspération américaine face à l’influence chinoise au Canada, rappelant les récents scandales bancaires liés à des opérations de blanchiment d’argent transnational. « Plus de Chine ne donnera pas du pouvoir à Ottawa, cela ne fera que rendre Trump furieux », insiste-t-elle.

La journaliste exhorte Carney à « jouer la carte du long terme » en attendant la fin de l’ère Trump. Elle propose de négocier des ententes progressives avec les États-Unis – sur l’acier, l’énergie, puis l’automobile – plutôt que de céder aux pressions de Pékin. Selon elle, Carney suivait cette voie jusqu’à ce que Doug Ford vienne brouiller les cartes avec sa campagne publicitaire anti-Trump, jugée « stratégiquement désastreuse ».

Kheiriddin rapporte d’ailleurs qu’à une rencontre du Canadian American Business Council, l’ambassadeur américain Pete Hoekstra aurait fustigé ces publicités comme une ingérence politique. « Comment réagiriez-vous si les États-Unis attaquaient publiquement votre premier ministre ? », aurait-il lancé, irrité.

Pour la chroniqueuse, la leçon est claire : « Provoquer Trump est inutile. S’adapter, oui. » Elle estime que le Canada doit accepter des pertes temporaires dans l’industrie automobile et réorienter ses efforts vers d’autres secteurs, tout en soutenant les travailleurs touchés. « Carney doit convaincre Ford et ses alliés d’abandonner la fanfaronnade et de jouer la partie longue. Sinon, le Canada perdra. »

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