Carney et le Anti-Hate Network : la complicité entre politiques libérales et réseaux radicaux «antifas» se poursuit

Depuis plusieurs mois, le gouvernement canadien tente de se redéfinir sous la direction de Mark Carney. Présenté comme une rupture avec l’ère Justin Trudeau, ce changement de leadership devait incarner un recentrage, voire une forme de retour au pragmatisme. Or, les développements récents suggèrent plutôt une continuité idéologique marquée — notamment en matière de régulation du discours et de collaboration avec des organismes militants affiliés aux mouvances radicales «antifas».

Un article publié le 25 mars dans le National Post par la chroniqueuse Amy Hamm met en lumière une décision révélatrice : la nomination de Bernie Farber au sein d’un groupe consultatif fédéral sur la « sécurité en ligne ». Ce groupe aurait notamment pour mandat de relancer plusieurs éléments du controversé projet de loi sur les préjudices en ligne, abandonné en 2025.

Une architecture de censure en reconstruction

Selon Hamm, cette initiative s’inscrit dans la volonté du gouvernement Carney de remettre en chantier un cadre législatif inspiré de l’ancien « Online Harms Act ». Ce projet prévoyait la création d’une commission de sécurité numérique dotée de pouvoirs étendus pour surveiller et sanctionner certains contenus en ligne.

Dans sa version initiale, ce dispositif permettait d’imposer des amendes massives, voire des peines d’emprisonnement à perpétuité pour certaines formes de discours jugées haineuses — une approche qui avait suscité une levée de boucliers au Canada, y compris chez des juristes et défenseurs des libertés civiles.

L’abandon du projet en janvier 2025, à la suite de la prorogation du Parlement, avait été perçu comme un recul significatif. Or, la relance actuelle, avec l’appui d’acteurs comme Farber, laisse croire que cette parenthèse pourrait avoir été temporaire.

Le rôle controversé du Canadian Anti-Hate Network

Le cœur de la controverse réside dans le rôle accordé au Canadian Anti-Hate Network (CAHN), un organisme financé en partie par des fonds publics et déjà au centre de nombreuses critiques.

Comme nous l’avons documenté dans nos précédents articles — notamment dans « HateGate » — le CAHN ne se présente pas comme un simple observatoire neutre. Son propre directeur exécutif, Evan Balgord, a reconnu publiquement que l’organisme est « très fièrement antifasciste » et assume ses biais idéologiques.

Cette posture militante devient problématique lorsque l’organisation est intégrée aux mécanismes décisionnels de l’État. Dans son texte, Amy Hamm souligne que le CAHN a régulièrement ciblé des militants, des journalistes ou des groupes qualifiés de « gender critical », soulevant des inquiétudes quant à son impartialité.

Plus encore, elle rappelle qu’un tribunal a déjà reconnu des liens entre des membres du CAHN et des réseaux Antifa — une affirmation qui fait écho aux révélations que nous avons couvertes sur Québec Nouvelles dans le cadre de l’affaire HateGate.

Une continuité avec l’ère Trudeau

L’un des éléments les plus frappants de cette séquence est la cohérence idéologique entre les gouvernements Trudeau et Carney.

Hamm note que Carney lui-même avait qualifié les manifestations du Convoi de la liberté de « sédition » dans une tribune publiée dans le The Globe and Mail en 2022. Cette position, combinée à la décision récente d’Ottawa de porter en appel les jugements déclarant illégale l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence, suggère une conception du pouvoir exécutif peu encline à la retenue.

Dans ce contexte, la collaboration avec le CAHN apparaît moins comme une anomalie que comme la poursuite logique d’une stratégie déjà en place sous Trudeau : s’appuyer sur des acteurs idéologiquement alignés pour orienter les politiques publiques en matière de sécurité et de discours.

Un contraste international de plus en plus marqué

Cette orientation soulève également des questions sur la position du Canada sur la scène internationale. Comme nous l’avons rapporté en septembre dernier, l’administration de Donald Trump a choisi de désigner les réseaux Antifa comme entité terroriste, dans un contexte de montée de la violence politique aux États-Unis.

Sans entrer dans les détails de cette décision, force est de constater le contraste : alors que Washington adopte une ligne dure face à ces mouvements, Ottawa continue d’intégrer — directement ou indirectement — des acteurs qui s’en réclament idéologiquement.

Ce décalage alimente les critiques selon lesquelles le Canada serait devenu un terrain favorable à certaines formes de militantisme radical, sous couvert de lutte contre la haine.

Une question de crédibilité institutionnelle

Au-delà des débats partisans, l’enjeu central est celui de la crédibilité de l’État. Peut-on confier la régulation du discours public à des organismes qui assument ouvertement leur biais idéologique? Peut-on prétendre défendre la liberté d’expression tout en reconstruisant des mécanismes de surveillance aussi étendus?

Pour les critiques, la réponse est claire : la ligne entre lutte contre la haine et contrôle politique du discours devient de plus en plus floue.

Le gouvernement Carney, en poursuivant cette collaboration avec le CAHN et en relançant un projet de régulation du numérique, devra désormais répondre à une question fondamentale : s’agit-il de protéger les citoyens — ou de redéfinir les limites du débat public selon des critères idéologiques?

Une chose est certaine : la promesse d’un changement de cap s’estompe rapidement. Et pour beaucoup, la continuité avec l’ère Trudeau apparaît désormais difficile à nier.

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