Carney n’est pas le sauveur que les Canadiens espéraient

Michael Taube, dans un texte publié par le National Post le 31 août 2025, explique que la lune de miel politique de Mark Carney touche à sa fin. Le premier ministre et son gouvernement libéral, élus au printemps dernier, profitaient depuis plusieurs mois d’une conjoncture favorable où sondages et perception publique semblaient jouer en leur faveur. Mais comme le souligne Taube, ces états de grâce sont toujours temporaires, et les plus récents chiffres d’Abacus Data laissent croire que le moment du reflux est arrivé.

Selon ce sondage, mené du 15 au 19 août, Pierre Poilievre et les conservateurs se situent désormais légèrement devant les libéraux dans les intentions de vote : 41 % contre 39 %. Les autres partis demeurent loin derrière, avec le NPD et le Bloc québécois à 7 %, et les Verts comme le Parti populaire plafonnant à 2 %. David Coletto, PDG d’Abacus Data, a qualifié cette évolution de « modeste mais significative ».

Plusieurs facteurs expliqueraient ce revirement. Michael Taube rapporte que l’influence de Donald Trump comme enjeu politique décline : seulement 38 % des Canadiens considèrent encore le président américain comme un facteur déterminant, en baisse par rapport aux 44 % de l’été. Or, c’est précisément sur le rejet des tarifs de Trump que Carney avait bâti une partie de sa victoire électorale d’avril. Cette carte semble désormais usée.

Autre signal d’alarme : une hausse du pessimisme quant à l’avenir du pays. Si 35 % des répondants jugent que le Canada va dans la bonne direction, 47 % estiment qu’il suit la mauvaise voie. L’approbation du gouvernement libéral tombe à 49 %, glissant sous le seuil symbolique des 50 % pour la première fois depuis mars. Coletto y voit les signes d’un affaiblissement graduel alimenté par la crise du coût de la vie et la frustration persistante autour du logement.

Sur le terrain des enjeux prioritaires, le sondage montre que les conservateurs prennent l’avantage. Comme le note Taube, Poilievre devance Carney sur le coût de la vie (39 % contre 27 %), sur l’économie (45 % contre 34 %) et sur l’immigration (56 % contre 15 %). Les libéraux conservent la main sur le climat (37 % contre 9 %) et les relations avec Trump (56 % contre 21 %), mais ces thèmes mobilisent de moins en moins.

Michael Taube nuance toutefois en rappelant qu’un autre sondage, réalisé par l’Angus Reid Institute, illustre les faiblesses de Pierre Poilievre sur le plan de l’image. Plusieurs répondants doutent qu’il partage leurs valeurs (35 %), comprenne leurs priorités (37 %) ou qu’il se soucie des femmes (35 %). La moitié affirmait même qu’ils auraient honte de le voir comme premier ministre, une hausse de dix points par rapport à 2023. Mais, selon Taube, ces résultats tiennent davantage à la manière dont les questions sont posées qu’à un rejet définitif du chef conservateur.

L’éditorialiste du National Post soutient en conclusion que les Canadiens commencent à voir Carney pour ce qu’il est : un politicien novice, élu grâce à une conjoncture exceptionnelle, qui recycle les idées de ses adversaires et dont les politiques risquent d’enfoncer l’économie. La lune de miel s’achève, écrit-il, et les sondages devraient continuer de se resserrer à l’approche de la rentrée parlementaire.

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