Ce que la partielle dans Arthabaska dit de notre avenir politique

L’événement politique de l’été au Québec aura été, sans contredit, l’élection partielle dans Arthabaska. Une lutte opposant Alex Boissonneault, du Parti Québécois, au chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime. Si la CAQ est représentée par Kevin Brasseur, les candidats libéraux et solidaires sont, pour ainsi dire, quasi-inexistants. Nous assistons donc à un affrontement entre deux visions du Québec : celle d’une social-démocratie renouvelée, fidèle au modèle québécois, et celle du libertarianisme, qui oppose les libertés individuelles aux intrusions de l’État.

Le résultat demeure difficile à prévoir. Les deux candidats, péquiste et conservateur, ont des chances sérieuses de séduire l’électorat de cette circonscription mi-rurale, mi-urbaine. Une chose est certaine : la CAQ n’est pas dans la course. Le parti de François Legault traverse une crise profonde qui pourrait bien trouver son aboutissement lors des élections générales d’octobre 2026. Certains commentateurs, ainsi que des agrégateurs comme QC125, vont jusqu’à prédire la disparition pure et simple de la coalition.

Ce qui se profile pour octobre 2026, c’est un retour à l’affrontement traditionnel entre péquistes et libéraux, avec des gains potentiels pour les conservateurs, qui pourraient former le second groupe d’opposition. Un retour au bipartisme entre les rouges et les bleus, dans un moment charnière pour l’avenir politique du Québec. Quant à la CAQ, elle risque fort d’être balayée, faute d’avoir choisi une direction claire : à force d’avoir le cul entre deux chaises, elle ne satisfait plus personne. Québec solidaire, de son côté, continue de s’enliser dans ses guerres internes, ce qui le rend pratiquement inopérant, surtout en campagne électorale.

Les conservateurs, eux, représentent un segment non négligeable de l’électorat. Une droite décomplexée sur le plan économique, qui promet l’abolition des taxes sur l’essence et la réduction de la taille de l’État. Mais cela suffira-t-il pour former un gouvernement ? Peu probable. Leur discours reste trop polarisant pour Montréal et la majorité des centres urbains, à l’exception de Québec.

Quoi qu’il en soit, la partielle dans Arthabaska donnera le ton de la campagne à venir. Sortez le pop-corn : les prochains mois promettent d’être captivants. Il est peu probable que la CAQ remonte dans l’estime populaire – tout indique qu’elle continuera de s’enfoncer. Quant à Québec solidaire, les voir se déchirer sur des détails insignifiants reste un spectacle en soi. Péquistes et libéraux se replaceront comme frères ennemis dans un duel classique. Les conservateurs, eux, joueront le rôle d’opposition des contribuables face aux dérives de l’État. Mais auront-ils des députés à l’Assemblée nationale ? Rien n’est sûr pour le moment.

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