Le Musée canadien de l’immigration du Quai 21, à Halifax, institution emblématique liée à l’arrivée de millions de nouveaux arrivants au Canada, est ébranlé par les conclusions d’une enquête fédérale accablante. Selon La Presse canadienne dans un article publié sur Global News, un rapport du Commissariat à l’intégrité du secteur public du Canada conclut que sa PDG, Marie Chapman, a intimidé des employés et causé des préjudices émotionnels à plusieurs membres du personnel.
Le document, préparé par la commissaire Harriet Solloway et déposé mercredi au Parlement, fait état de multiples violations du code de conduite de la fonction publique fédérale ainsi que du code interne du musée. Harriet Solloway affirme que les gestes reprochés à la dirigeante ne sont pas anecdotiques, mais s’inscrivent dans une série de comportements inappropriés s’étalant sur une longue période.
Le rapport décrit notamment l’usage d’un langage offensant, des cris, des attitudes intimidantes et une gestion fondée sur la peur. Selon l’enquête, ce climat aurait eu des répercussions concrètes sur la santé psychologique de plusieurs employés, certains ayant vécu de l’anxiété et un profond malaise au travail.
Le contraste entre la mission du musée — raconter les histoires humaines, souvent marquées par la vulnérabilité, l’exil et l’espoir — et la culture interne décrite dans le rapport est frappant. Alors que l’institution se veut un lieu de mémoire, de dialogue et d’inclusion, l’enquête suggère une gouvernance interne marquée par la crainte de représailles et le silence imposé aux employés.
Marie Chapman rejette catégoriquement les accusations formulées contre elle. Dans une déclaration transmise en réponse au rapport, elle soutient que l’absence de détails précis crée une image trompeuse de la gravité et de la fréquence des événements rapportés. Elle affirme n’avoir jamais encouragé un climat de peur ni menacé de congédier des employés.
Chapman soutient également que certaines décisions ou remarques mentionnées dans le rapport lui auraient été injustement attribuées ou interprétées hors contexte. Elle insiste sur le fait que son comportement n’a jamais été remis en question par le conseil d’administration du musée au cours de ses près de vingt années de service.
La dirigeante ajoute qu’elle n’a jamais fait l’objet d’avertissements formels, d’évaluations négatives ou de sanctions disciplinaires, un élément qu’elle présente comme incompatible avec les conclusions sévères de l’enquête fédérale.
Cette affaire pourrait toutefois avoir des répercussions importantes pour l’institution. Au-delà du sort personnel de la PDG, elle soulève des enjeux plus larges quant à la protection des employés dans les organismes culturels fédéraux, la responsabilité des conseils d’administration et l’efficacité des mécanismes de dénonciation dans le secteur public.
Alors que le rapport est désormais public et déposé au Parlement, la pression pourrait s’accentuer pour que des mesures correctives soient prises. Pour un musée dont la vocation est de célébrer l’accueil et la dignité humaine, les conclusions de l’enquête risquent de laisser des traces durables sur sa crédibilité et son image publique.



