Alors que la controverse autour des reconnaissances territoriales autochtones continue d’alimenter le débat public au Canada, la Colombie-Britannique vient d’en être le théâtre d’un nouvel épisode politique. Un article publié par Castanet le 26 octobre 2025 rapporte que la cheffe du One BC Party, Dallas Brodie, a échoué à faire adopter à l’Assemblée législative de la province un projet de loi qui aurait interdit aux employés et représentants financés par l’État de prononcer des reconnaissances territoriales autochtones lors d’événements publics.
Un projet lié à la souveraineté étatique
Selon Castanet, le texte visait à encadrer les déclarations officielles qui, selon sa formulation, « nient la souveraineté de la Couronne » ou « attribuent une culpabilité collective fondée sur la race, l’ascendance ou les actions de figures historiques canadiennes ».
L’objectif déclaré de la proposition était d’empêcher que des institutions publiques ou leurs représentants puissent, dans le cadre de leurs fonctions, énoncer des formules qui contredisent la légitimité juridique de l’État canadien ou la continuité de la souveraineté de la Couronne sur le territoire.
Un vote révélateur de divisions internes
Le projet a été rejeté dès la première lecture. Toutefois, Castanet précise que quatre députés ont appuyé la démarche : Heather Maahs et Harman Bhangu, tous deux conservateurs, Tara Armstrong du One BC Party et Jordan Kealy, député indépendant.
La majorité des élus, dont la leader parlementaire conservatrice A’aliya Warbus, s’y sont opposés. Cette dernière, elle-même d’origine autochtone, a affirmé qu’il « ne fait de mal à personne » de procéder à ces reconnaissances et que la réconciliation serait impossible si l’histoire autochtone était niée.
Réactions gouvernementales et contexte politique
Le ministre des Relations avec les Autochtones, Spencer Chandra Herbert, a salué le rejet du texte, qu’il a qualifié de « cas de haine pure et simple ». Selon Castanet, il a déclaré que le projet émanait d’un parti « qui se nourrit de théories du complot ».
Dallas Brodie, déjà expulsée du caucus conservateur plus tôt cette année pour des propos controversés sur les survivants des pensionnats autochtones, a défendu sa position en affirmant que les reconnaissances territoriales constituent « l’hymne d’une nation suicidaire ». Elle a ajouté qu’elles serviraient à « conditionner les Britanno-Colombiens à accepter la perte de leur pouvoir sur leurs propres terres et ressources ».
Un débat au cœur de la représentation publique
La proposition rejetée soulève, en toile de fond, une question institutionnelle : jusqu’où les représentants publics peuvent-ils s’exprimer au nom de l’État dans des termes qui remettent en cause la souveraineté de celui-ci ?
Bien que la motion n’ait pas franchi l’étape de la première lecture, Castanet note qu’elle a révélé une fracture politique entre partisans de la neutralité étatique et défenseurs du maintien des pratiques symboliques liées à la réconciliation.



