Dans un extrait devenu viral, partagé par le compte LibsofTikTok sur X et vu plus de deux millions de fois, le député républicain Jay DeBoyer demande à la Dre Sue Carnell, chef sous-surintendante du système scolaire du Michigan, combien de genres existent. Comme le rapporte Andrew Mark Miller pour Fox News, Carnell sourit, hésite et finit par répondre que « différentes personnes ont différentes croyances », sans fournir de réponse chiffrée. L’extrait a vite été utilisé par plusieurs commentateurs conservateurs pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme un manque de clarté de la part des dirigeants éducatifs.
Andrew Mark Miller cite l’ancienne candidate républicaine au poste de gouverneure, Tudor Dixon, qui affirme que les responsables démocrates veulent « sexualiser chaque partie du programme scolaire ». Elle accuse aussi le Conseil de l’éducation d’imposer une idéologie radicale à toutes les écoles du Michigan, qui vont de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire. Le sénateur républicain Aric Nesbitt, pour sa part, rappelle qu’« environ trois enfants sur quatre au Michigan ne lisent pas au niveau attendu », en laissant entendre que la direction actuelle contribue au déclin des résultats scolaires.
Roger Severino, de la Heritage Foundation, souligne sur X que les responsables progressistes devraient s’attendre à ce type de questions et se préparer davantage. Andrew Mark Miller mentionne aussi des réactions plus virulentes, comme celle de Paul A. Szypula, qui estime qu’une personne incapable de répondre à cette question ne devrait « pas avoir le droit de voter ». Le commentateur Wesley Yang, lui, parle d’une forme de « mania institutionnalisée ».
Face aux critiques, Sue Carnell a fourni une déclaration à Fox News Digital. Andrew Mark Miller explique qu’elle souhaite recentrer le débat sur les standards révisés d’éducation à la santé du Michigan. Selon elle, les lignes directrices ne visent pas à piéger les témoins, mais à fournir aux écoles des informations basées sur la recherche scientifique. Elle insiste sur le fait que les nouveaux standards prévoient qu’à la fin du deuxième cycle du secondaire inférieur (8e année), les élèves devraient pouvoir définir ce qu’est l’identité de genre, l’expression de genre et l’orientation sexuelle, et comprendre en quoi ces concepts diffèrent du sexe biologique.
Comme le décrit Andrew Mark Miller, ces nouveaux standards ont été approuvés par le Conseil de l’éducation par un vote de 6 contre 2, malgré des protestations de certains parents et chefs religieux qui estiment que ces contenus empiètent sur leurs droits. Tudor Dixon répète que ces changements auraient été adoptés malgré des inquiétudes sérieuses de la population.
Le ministère de l’Éducation du Michigan, cité par Andrew Mark Miller, précise toutefois que ces standards sont des lignes directrices, non des obligations. Les conseils scolaires locaux déterminent eux-mêmes leur programme de santé ou d’éducation sexuelle. Le ministère rappelle aussi que les comités consultatifs locaux chargés de valider ces programmes doivent être composés à 50 % de parents, et que ceux-ci conservent le droit de retirer leurs enfants des cours d’éducation sexuelle.
À travers ce récit, Andrew Mark Miller montre que cet échange viral dépasse largement la question initiale du nombre de genres. Il s’inscrit dans une lutte plus vaste autour du rôle de l’école, de la place des parents dans l’éducation sexuelle et des tensions idéologiques entourant les questions de genre aux États-Unis. La Dre Sue Carnell se retrouve ainsi au centre d’un débat qui reflète la profonde polarisation du système éducatif américain.



