Il y a de ces événements qu’on vit sans rien en attendre. Comme dans Le jour de la marmotte, où le journaliste campé par Bill Murray doit couvrir, année après année, une célébration qui ne l’intéresse pas. Jusqu’au jour où il découvre qu’il est condamné à revivre, encore et encore, la même journée.
Les élections, surtout municipales au Québec, ont un air de déjà-vu semblable. Le cirque est reparti depuis quelques jours, et déjà on retrouve les grands classiques : projets de pistes cyclables, mesures « écologistes » conçues pour contrarier les automobilistes, restrictions de circulation brandies comme solution miracle. L’environnement sert de toile de fond permanente, mais les politiques proposées brillent rarement par leur efficacité.
Ailleurs, devenir maire peut être un tremplin vers les plus hautes fonctions. Jacques Chirac, par exemple, a dirigé Paris avant de devenir président de la République française. Ici, c’est souvent l’inverse : le poste est perçu comme une semi-retraite dorée, sans grande envergure. Citons Marie-Claude Bibeau, ex-ministre libérale de Justin Trudeau, qui a cru fuir un naufrage électoral qui n’a finalement pas eu lieu. Ou encore Sam Hamad, ex-ministre libéral tombé en disgrâce, qui tente un retour par la petite porte municipale. Des candidatures qui soulèvent plus de cynisme que d’enthousiasme.
Les semaines à venir promettent leur lot de débats creux. Les sans-abris seront encore désignés responsables de tous les maux urbains. En régions, les aspirants maires se plaindront du favoritisme accordé à Québec et Montréal dans le partage des infrastructures. Et bien sûr, on verra défiler des propositions « vertes », coûteuses et souvent impopulaires, défendues par des élus qui n’habitent même pas le quartier concerné.
Les élections municipales, c’est le jour de la marmotte. Mais contrairement au film, ici, rien ne s’améliore. Plus les scrutins passent, plus la dignité s’effrite. Et le nivellement par le bas s’accélère. Comment espérer mieux, quand l’ambition politique se résume à vendre la ville au plus offrant… ou à déneiger des pistes cyclables pour quelques privilégiés ?



