Confinements, passe sanitaire et hôpitaux : retour sur la gestion française de la COVID-19

Le gouvernement du Québec a géré la crise sanitaire en imposant des mesures restrictives, comme le confinement et le passeport vaccinal. Le système de santé québécois a été frappé de plein fouet par cette pandémie. Des personnes âgées sont décédées seules, dans des conditions souvent exécrables, particulièrement dans les CHSLD. Les familles ne pouvaient pas rendre visite à leurs proches en fin de vie afin de limiter la transmission de la maladie.

Le gouvernement français a également mis en place des politiques sanitaires similaires, avec des résultats mitigés. Je me suis entretenu avec Ghislain Benhessa, docteur en Droit et observateur de la scène politique française.

Entretien

Simon Leduc : Quelle a été la politique sanitaire du président Macron durant la pandémie de COVID-19?

Ghislain Benhessa : «Lorsque le virus a commencé à toucher la France, le président français a affirmé qu’il ne fallait pas avoir peur de cette maladie et que la vie allait continuer normalement. Mais, quelques jours plus tard, en mars 2020, il a toutefois décrété un confinement général à l’échelle du pays. Comme dans la plupart des pays occidentaux, le premier confinement a duré environ deux mois. Cependant, la France a connu plusieurs confinements successifs au cours de la crise sanitaire. Le premier a été particulièrement sévère, tandis que les suivants ont été plus souples.

Lors de cette première période d’isolement, les Français devaient remplir une attestation de déplacement afin de justifier toute sortie de leur domicile limitée à une heure par jour.

Par ailleurs, durant l’hiver 2020-2021, une campagne de vaccination a été déployée sur l’ensemble du territoire français. Par la suite, le gouvernement français a instauré le passe sanitaire. Les citoyens devaient présenter cette preuve de vaccination pour pouvoir emprunter les transports en commun, aller au restaurant, au cinéma, etc.

Dans le cadre de sa gestion de la pandémie, le gouvernement a également créé un Conseil de défense, composé de médecins et de spécialistes de la santé publique. Ce conseil se réunissait chaque semaine afin de déterminer les mesures sanitaires à appliquer. Ce fonctionnement s’est poursuivi pendant plus de deux ans.»

Quel bilan faites-vous de la gestion sanitaire de l’État français?

Ghislain Benhessa : «Il faut savoir qu’encore aujourd’hui, une véritable omerta entoure le bilan de la gestion sanitaire du gouvernement. Aucune enquête publique n’a été menée sur la gestion de la crise sanitaire par l’administration Macron.

Par exemple, il y a quelques jours, l’éditorialiste Natacha Polony a critiqué la gouvernance française durant la pandémie. Bien qu’elle soit une patriote de gauche, elle demeure très critique à l’égard du gouvernement. Sur un plateau de télévision, Mme Polony a affirmé que la crise de la COVID-19 avait provoqué une profonde perte de confiance des citoyens français envers les responsables politiques et les experts scientifiques. À la suite de cette intervention, elle a été vivement attaquée par des élites favorables à la politique sanitaire du gouvernement, et qui l’ont qualifiée de populiste.

Par ailleurs, au début de la pandémie, la France a connu une hausse de la mortalité. Les autorités ont alors fortement misé sur la vaccination de masse, qu’elles présentaient comme le meilleur moyen de ralentir la progression du virus et de réduire le nombre de décès liés à la COVID-19.

Avec le recul, on constate toutefois que la mortalité a été moins élevée que ce qui avait été anticipé. Au départ, le gouvernement affirmait que la vaccination permettrait de protéger l’ensemble de la population. Ensuite, il a soutenu que son principal objectif était de protéger les personnes les plus vulnérables contre les formes graves de la maladie. On a donc assisté à une révision progressive des attentes quant à l’efficacité du vaccin

En conclusion, on peut dire que la politique sanitaire du gouvernement a été floue et peu efficace pour freiner la progression du virus. La gestion de la crise a été marquée par une forte panique et, aujourd’hui encore, il demeure difficile de déterminer quelles mesures ont réellement été efficaces.»

Quel impact la crise sanitaire a-t-elle eu sur le système de santé français?

Ghislain Benhessa : «Depuis plusieurs années, le système de santé français subit une politique de fermeture de lits dans les hôpitaux. Le gouvernement réduit progressivement le financement des établissements hospitaliers. Cette tendance était déjà amorcée avant la pandémie de COVID-19. Ainsi, lorsque la crise a éclaté, les hôpitaux ne disposaient pas des ressources nécessaires et étaient déjà fortement surchargés.

Cette situation eut deux conséquences majeures.

Tout d’abord, de nombreuses interventions chirurgicales ont été reportées afin de concentrer les ressources sur les hospitalisations directement liées à la COVID-19.

Ensuite, les proches n’étaient plus autorisés à rendre visite aux patients hospitalisés afin de limiter la propagation du virus. De nombreuses personnes sont ainsi décédées seules, sans pouvoir être accompagnées de leur famille.

En terminant, le système de santé français continue de se détériorer et souffre d’une bureaucratisation excessive. Les patients en sont les principales victimes. Ce système est devenu lourd et présente d’importantes défaillances de gestion.  Les ressources financières ont davantage servi à alimenter la bureaucratie qu’à améliorer les soins offerts aux patients. La pandémie de COVID-19 a mis en lumière les profondes carences du système médical français.»

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine