Alors que l’inflation globale a ralenti depuis les sommets atteints en 2022, une large proportion de Canadiens affirme ne ressentir aucun répit. C’est ce qui ressort d’un article publié le 18 février 2026 par Harris & Partners, dans lequel la firme de gestion de dettes présente les résultats de son plus récent sondage national.
Le texte, signé par Joshua Harris, syndic autorisé en insolvabilité, s’appuie sur une enquête menée auprès de 2 196 répondants à travers le pays et met en lumière un sentiment largement répandu de pression budgétaire et d’endettement croissant.
Un sentiment d’étau financier généralisé
Selon les données rapportées par Harris & Partners :
- 87 % des répondants disent se sentir financièrement coincés en raison de la hausse du coût de la vie et/ou de leurs dettes ;
- 85 % affirment que leurs dépenses mensuelles ont augmenté au cours des 12 derniers mois ;
- 85 % jugent leur budget plus difficile à gérer ;
- 97 % disent avoir modifié leurs habitudes de consommation en raison des hausses de prix ;
- 88 % ont reporté ou annulé des projets importants, comme des voyages ou des achats majeurs.
Dans le texte accompagnant le sondage, Joshua Harris soutient que la pression ne touche plus seulement les dépenses discrétionnaires, mais les dépenses de base. «Lorsque 87 % des Canadiens disent se sentir financièrement piégés, c’est un signal clair du peu de marge restante dans les budgets des ménages», écrit-il.
Le rapport évoque un mode de gestion financière en «rattrapage constant», où les ménages réévaluent continuellement leurs priorités face à des dépenses jugées incompressibles.
Une inflation en baisse… mais des postes clés toujours en hausse
Pour contextualiser les perceptions recueillies, l’article cite des données de Statistique Canada couvrant la période 2024-2025 :
- Inflation globale : +2,4 %
- Aliments achetés en magasin : +5,0 %
- Logement : +3,0 %
- Transport : -0,5 % (notamment en raison d’une baisse des prix de l’essence)
Ces chiffres illustrent un décalage possible entre l’inflation globale et l’évolution de certains postes budgétaires essentiels, comme l’alimentation et le logement, qui continuent d’augmenter plus rapidement que l’indice général.
Les tarifs commerciaux ajoutent à l’inquiétude
Le sondage explore également l’impact des préoccupations macroéconomiques sur le moral financier des ménages.
- 73 % des répondants se disent inquiets que d’éventuels tarifs douaniers sur des biens importés — notamment les véhicules, les produits électroniques et certaines denrées — nuisent à leur capacité de rembourser leurs dettes.
- 60 % expriment des craintes concernant leur sécurité d’emploi ou leurs revenus en raison des retombées économiques potentielles de ces mesures commerciales.
Selon Joshua Harris, l’anxiété ne porte pas uniquement sur les factures actuelles, mais sur l’évolution possible du contexte économique.
Un climat financier sous tension
Le sondage de Harris & Partners met en lumière un phénomène moins visible que les données macroéconomiques : le ressenti des ménages. Même dans un contexte d’inflation plus modérée qu’en 2022, une large proportion des répondants affirme devoir ajuster ses dépenses, reporter des projets ou composer avec une impression d’étouffement financier.
Reste à savoir si cette perception reflète une détérioration structurelle des finances des ménages ou un ajustement prolongé à une nouvelle normalité de prix plus élevés qu’avant la pandémie.



