Une semaine après l’incendie d’un autobus de Lion Électrique à Montréal et le retrait préventif de 1200 véhicules scolaires, la crise perdure. Selon Geneviève Lajoie du Journal de Québec, quelque 50 000 élèves étaient encore privés de transport lundi matin, forçant des milliers de familles à jongler avec des solutions improvisées【Journal de Québec, Geneviève Lajoie, 14-15 septembre 2025】.
Une remise en service plus lente que prévu
La ministre de l’Éducation Sonia LeBel a tenté de rassurer les parents lundi matin à LCN : « La situation évolue d’heure en heure. Il y a beaucoup d’autobus qui vont reprendre graduellement. Chaque jour on devrait voir une différence, jusqu’à peut-être dans le milieu de la semaine ». Elle a reconnu les lourds inconvénients pour les familles, tout en invitant les parents à demeurer attentifs aux communications de leurs centres de services scolaires.
Le gouvernement envisage même de prolonger les heures de service de garde dans certaines écoles, afin d’offrir un répit aux parents contraints de trouver des alternatives pour le transport de leurs enfants.
Des inspections encore incomplètes
Le retrait massif décidé jeudi dernier visait à inspecter tous les autobus de Lion Électrique, à la suite de l’incendie d’un véhicule lié au système de chauffage. Or, malgré un blitz de vérifications durant la fin de semaine, plusieurs véhicules demeurent immobilisés.
Le Centre de services scolaire de Montréal indique que « des interventions sont en cours et doivent être finalisées pour certains autobus avant leur remise en service ». Le CSS de Laval prévient également que des circuits resteront annulés lundi.
Même son de cloche du côté des Grandes-Seigneuries, qui confirme que « certains véhicules demeurent immobilisés », et du Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy, à Trois-Rivières, qui évoque un « bris de service » persistant.
Au Lac-Saint-Jean, la situation est encore plus sévère : le transport scolaire du matin et du soir a été complètement annulé lundi, affectant près de 4500 élèves.
Une crise aux multiples visages
La ministre LeBel refuse de jeter le blâme sur son gouvernement, rappelant que le problème « n’est pas dû au module de batterie comme tel, mais au système de chauffage ». Elle parle d’un « mauvais concours de circonstances », tout en appelant à éviter les raccourcis hâtifs.
Reste que le problème touche de vastes régions : de Montréal à Laval, en passant par Trois-Rivières et le Lac-Saint-Jean. Seul le CSS des Navigateurs, dans la région de Québec, annonçait dimanche un retour à la normale.
Une image ternie pour la filière électrique
Ce nouveau contretemps accentue la pression sur Lion Électrique, déjà fragilisée par des difficultés financières majeures. Rachetée en mai 2025 après s’être placée sous la protection de la loi sur les créanciers, l’entreprise peine à restaurer sa crédibilité. L’incendie de la semaine dernière — le troisième incident du genre en moins d’un an — et la paralysie actuelle du réseau scolaire risquent d’entamer encore davantage la confiance du public.
La crise des autobus Lion Électrique illustre à quel point les choix industriels et politiques du Québec en matière d’électrification des transports peuvent avoir des répercussions immédiates et concrètes sur la vie quotidienne des familles. Pour l’instant, ce sont des dizaines de milliers d’élèves qui en subissent les conséquences directes, en attendant que les inspections permettent enfin un retour complet à la normale.



