Culture québécoise : un système verrouillé par le fédéral et le politiquement correct que PSPP ose enfin dénoncer

Une autre semaine au Québec, une autre controverse digne d’une tempête dans un verre d’eau. Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti Québécois, n’y est pas allé de main morte pour dénoncer l’hypocrisie de certains représentants du milieu artistique face au gouvernement fédéral. Selon lui, Patrimoine Canada exerce une mainmise sur les artistes en les finançant de manière à les rendre dépendants — et donc politiquement neutralisés. Faut-il voir dans ses propos une montée de lait mal placée ou, au contraire, la libération d’une parole longtemps restée taboue?

Les commentateurs politiques ne s’entendent pas sur la portée réelle de cette sortie. Certains prédisent que PSPP perdra quelques plumes dans les prochains sondages, l’accusant d’être « soupe au lait ». D’autres estiment qu’il en sortira gagnant, malgré le désamour que cela a pu susciter chez quelques personnalités influentes dans des cercles très nichés.

La vérité, c’est qu’en 2025, la plupart des Québécois n’accordent qu’un intérêt limité aux artistes membres de l’UDA. L’âge moyen des téléspectateurs est de 57 ans. Quant au cinéma québécois, il décline depuis plusieurs années. Malgré une légère remontée récente, nous sommes très loin de l’âge d’or du début des années 2000.

Pour beaucoup de Québécois, tant à gauche qu’à droite, le milieu artistique apparaît comme exclusif, snob, hautain et déconnecté de leurs préoccupations. Il y a 25 ans, Jeff Fillion dénonçait déjà la « clique du Plateau ». Depuis, rien ne s’est amélioré. L’entre-soi s’est radicalisé. La politique « woke » s’est imposée comme dogme unique. Et le rôle du fédéral n’est pas étranger à cette évolution.

Dans le cadre du plan B, Ottawa a en effet cherché à désamorcer la tenue de futurs référendums en finançant massivement artistes et universitaires. Sheila Copps elle-même l’a reconnu : le fédéral avait du mal à recruter des artistes pour les célébrations du Canada… mais avec suffisamment d’argent, ils finiraient par suivre. C’est aussi dans cet esprit que le gouvernement fédéral s’est immiscé dans les universités — pourtant un champ strictement provincial — sans que cela n’émeuve grand monde.

Résultat : une partie du milieu artistique, pas tous évidemment, s’est retrouvée alignée sur les priorités idéologiques d’Ottawa. On le constate dans la frilosité à s’exprimer sur certains enjeux sensibles : la langue française, la nation québécoise, l’indépendance.

Pierre Falardeau avait déjà tout dit, il y a 30 ans. En relisant des textes comme Les bœufs sont lents, mais la terre est patiente, on réalise à quel point rien n’a changé. Peut-être même que tout s’est aggravé depuis le retour des libéraux en 2015.

Radio-Canada en est un exemple frappant. À l’époque où la direction se rebellait contre les compressions des conservateurs, la chaîne semblait paradoxalement plus objective. Depuis 2015, elle s’est engagée dans une dérive idéologique assumée : quotas de diversité jusque dans les équipes techniques, programmes ciblés pour les « communautés culturelles », écriture inclusive, usage militant des pronoms dans certains reportages.

Radio-Canada Première va encore plus loin. On y perçoit une véritable obsession idéologique, au point où ses animateurs peinent visiblement à interroger des figures du nationalisme québécois sans perdre leur sang-froid. Les échecs répétitifs de Guy A. Lepage et Jean-Sébastien Girard avec Mathieu Bock-Côté, ou les emportements de Patrice Roy face à des invités nationalistes, sont devenus autant d’exemples emblématiques.

PSPP n’a fait que nommer, très indirectement, un malaise profond qui ronge le petit milieu artistique québécois. Il n’a commis aucune faute. Mais comme toujours, certaines voix comme Stéphane Gendron n’ont pas pu s’empêcher d’aller jusqu’à invoquer les nazis ou le maréchal Pétain. Le chien aboie, la caravane passe. Il est temps de passer à un autre dossier.

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