Dans un reportage publié le 11 septembre 2025 dans le National Post, Rahim Mohamed raconte comment Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, a été secoué par l’assassinat du militant conservateur américain Charlie Kirk survenu sur un campus de l’Utah. Pour lui, ce drame est bien plus qu’un fait divers : c’est le symptôme d’un dialogue social et politique en train de se briser.
« Nous devons reconnaître qu’il y a un problème, et le reconnaître tout de suite », a lancé Plamondon, qui se trouvait alors à Calgary pour une tournée de deux jours en Alberta. Le chef souverainiste avait choisi de débuter son intervention à l’Université de Calgary en évoquant la tuerie de la veille, soulignant l’importance de pouvoir débattre dans le respect, même devant un auditoire en désaccord.
Rahim Mohamed rappelle que Plamondon sait de quoi il parle : au milieu des années 2000, il avait cofondé avec Mélanie Joly – aujourd’hui ministre fédérale – et Stéphanie Raymond-Bougie l’organisme Génération d’idées. Sa mission ? Faire réfléchir et discuter les jeunes de 20 à 35 ans, partout au Québec, sur les grands enjeux de société. Mais pour Plamondon, cette époque semble déjà lointaine.
« On ne pourrait plus retrouver cette culture de débat aujourd’hui », a-t-il confié au National Post. « C’était avant l’ère des réseaux sociaux. » Selon lui, ces plateformes offrent un terrain fertile pour tordre la réalité afin de conforter son idéologie. Résultat : les opposants deviennent rapidement des ennemis.
Plamondon ne s’est pas arrêté là. Sur le terrain universitaire, il a dénoncé une perte de repères. Si certains milieux académiques en viennent à nier ou relativiser l’existence de la vérité, dit-il, alors plus rien ne permet de maintenir un climat de discussion civilisé. « Ça ne tient tout simplement pas. »
Pour le chef du PQ, la mort de Charlie Kirk doit résonner comme un électrochoc. « Ce qui est arrivé hier devrait être un rappel brutal que nous devons changer notre façon de débattre », insiste-t-il.
Enfin, Rahim Mohamed rapporte que sa présence en Alberta avait aussi un but stratégique : aller à la rencontre de points de vue éloignés du sien et exposer à l’Ouest canadien les raisons du retour en force du projet souverainiste. « Nous avons peut-être des différences, mais ces conversations sont précieuses », conclut Plamondon.



