Pendant des années, Ryan Wedding a figuré parmi les criminels les plus activement recherchés par les autorités nord-américaines. Ancien olympien canadien devenu, selon les enquêteurs, l’un des plus puissants narcotrafiquants de sa génération, Wedding était inscrit sur la liste des dix fugitifs les plus recherchés du FBI, protégé par des réseaux criminels mexicains et soupçonné d’avoir commandité plusieurs meurtres au Canada. Son arrestation à Mexico marque l’aboutissement d’une traque internationale de longue haleine.
Arrestation à Mexico : une opération multinationale
Selon Phil Tsekouras pour CP24, Ryan Wedding a été arrêté jeudi soir à Mexico par les autorités mexicaines, dans le cadre d’une opération conjointe impliquant les États-Unis, le Canada et le Mexique. L’arrestation a été confirmée publiquement par la procureure générale des États-Unis, Pam Bondi, ainsi que par le directeur du Federal Bureau of Investigation, Kash Patel.
Wedding est accusé d’avoir dirigé un empire criminel de plusieurs milliards de dollars, spécialisé dans le trafic international de cocaïne, reliant la Colombie, le Mexique, les États-Unis et le Canada. Les autorités américaines affirment qu’il supervisait personnellement l’acheminement de centaines de kilos de drogue chaque année, utilisant avions, bateaux et camions longue distance, avec Los Angeles comme plaque tournante principale de son réseau, rapporte CP24.
Lors d’une conférence de presse tenue vendredi en Californie, Kash Patel a décrit Wedding comme « un El Chapo moderne » et « un Pablo Escobar des temps contemporains », affirmant qu’il était responsable non seulement de trafic de drogue à grande échelle, mais aussi du meurtre de civils innocents.
Protégé par le cartel de Sinaloa, recherché sur deux continents
Toujours selon CP24, Wedding se serait caché au Mexique sous la protection du cartel de Sinaloa, l’un des plus puissants groupes criminels du pays. Il était officiellement recherché depuis octobre 2024, moment où les autorités américaines ont dévoilé un acte d’accusation massif l’identifiant comme le cerveau d’un réseau criminel transnational. Neuf autres Canadiens étaient également nommés dans cette poursuite.
Le secrétaire mexicain à la Sécurité, Omar García Harfuch, a confirmé sur les réseaux sociaux que Kash Patel s’était rendu au Mexique jeudi et était reparti vendredi matin avec deux « cibles de haute priorité », dont Wedding. L’autre individu arrêté, Alejandro Rosales Castillo, ne serait pas lié à l’enquête Wedding, mais figurait lui aussi sur la liste des fugitifs les plus recherchés du FBI, précise CP24.
Les autorités ont refusé de divulguer les détails opérationnels ayant mené à la capture, invoquant des « sensibilités opérationnelles ». Patel a toutefois souligné qu’il s’agissait d’un effort inter-agences coordonné au plus haut niveau, impliquant le président américain, le département de la Justice et les autorités mexicaines.
Des meurtres commandités au Canada et à l’étranger
L’article de Phil Tsekouras pour CP24 détaille un bilan criminel particulièrement lourd. Le FBI affirme que Wedding a ordonné au moins quatre meurtres dans le cadre de ses activités criminelles, dont trois en Ontario et un en Colombie.
Parmi les victimes figurent Jagtar Singh Sidhu et Harbhajan Kaur Sidhu, un couple indo-canadien abattu par erreur à Caledon en novembre 2023. Leur fille, Kaur Sidhu, alors âgée de 28 ans, a survécu à l’attaque. Les enquêteurs estiment qu’il s’agissait d’un cas de méprise lié à une opération criminelle commanditée par le réseau de Wedding.
Le groupe est également accusé d’avoir orchestré l’assassinat de Mohammed Zafar à Brampton en mai 2024, pour une dette liée à la drogue. Un autre meurtre, celui de Randy Fader à Niagara Falls en avril 2024, serait lié à l’organisation, avec Andrew Clark — le bras droit présumé de Wedding — parmi les accusés.
En Colombie, un témoin clé dans l’enquête contre Wedding aurait été assassiné, un crime pour lequel les autorités estiment que l’organisation de Wedding porte une responsabilité directe, rapporte CP24.
Un réseau encore partiellement actif
Lors de la conférence de presse, Akil Davis, directeur adjoint du bureau du FBI de Los Angeles, a indiqué que Wedding resterait détenu pendant le week-end avant sa première comparution prévue lundi. Il a aussi insisté sur le fait que l’enquête était loin d’être terminée.
Selon CP24, le département d’État américain offre toujours une récompense de 2 millions de dollars américains pour toute information menant à l’arrestation d’autres membres du réseau. Plusieurs suspects sont toujours activement recherchés.
De snowboardeur olympique à narcotrafiquant
Le contraste est saisissant. Ryan Wedding a représenté le Canada aux Jeux olympiques d’hiver de Salt Lake City en 2002, où il a terminé 24e en slalom géant parallèle. Pourtant, comme le rappelle CP24, son nom apparaît dès 2006 dans une enquête policière en Colombie-Britannique sur une culture illégale de marijuana, bien qu’il n’ait alors jamais été inculpé.
En 2008, Wedding est arrêté aux États-Unis pour avoir tenté d’acheter de la cocaïne à un agent fédéral infiltré. Il est condamné en 2010 et purge une peine de quatre ans de prison. Les autorités américaines estiment qu’il a repris ses activités criminelles peu après sa libération.
La GRC a pour sa part confirmé, selon CP24, que Wedding fait toujours face à des accusations de trafic de drogue non résolues au Canada, remontant à 2015.
Une arrestation symbolique, mais un dossier loin d’être clos
Pour les autorités canadiennes et américaines, l’arrestation de Ryan Wedding constitue un coup majeur porté à un réseau criminel qui a opéré pendant des années à cheval sur plusieurs frontières. Le commissaire de la GRC, Michael Duheme, présent à la conférence de presse, a affirmé que « nos pays sont beaucoup plus en sécurité aujourd’hui » grâce à cette arrestation, rapporte CP24.
Mais malgré cette avancée spectaculaire, les procureurs et enquêteurs préviennent : le démantèlement complet de l’organisation Wedding exigera encore du temps, des procès complexes et une coopération internationale soutenue.



