Les déboires se multiplient chez les libéraux : Pablo Rodriguez a décidé d’exclure Marwah Rizqy de la députation libérale, elle qui demeure pourtant la seule figure réellement appréciée dans ce parti. Cela survient après qu’on eut appris que des prête-noms avaient versé des dons de 500 $ à la campagne du nouveau chef libéral. Sans oublier l’affaire des « brownies » : ces billets de 100 $ remis à des militants pour qu’ils appuient Pablo Rodriguez dans la course à la chefferie.
Le malheur des uns fait le bonheur des autres, comme le veut l’adage. Ainsi, on a appris que le Parti Québécois récoltait 39 % des appuis au Québec, dont un impressionnant 48 % chez les francophones, selon un sondage Léger publié le 3 décembre 2025 dans le Journal de Montréal. Même si ces appuis soudains envers le Parti Québécois ne constituent pas automatiquement un « oui » à un éventuel référendum, ils donnent à Paul St-Pierre Plamondon des coudées franches en tant que premier ministre en attente.
Cela renforcera aussi sa légitimité pour organiser un troisième référendum, tel que promis durant son premier mandat. Certaines analyses estiment que le PQ pourrait obtenir plus de 80 députés : une progression fulgurante pour un parti qui n’en comptait que trois lors des élections de 2022. Alors que plusieurs annonçaient bruyamment la mort imminente du parti de René Lévesque, le nouveau chef — jusque-là peu connu en dehors des cercles péquistes — a fait mentir les prophètes de malheur.
Mais PSPP ne doit pas pour autant s’asseoir sur ses lauriers : il bénéficie d’une conjoncture exceptionnelle. Les libéraux accumulent les scandales alors qu’ils ne sont même pas au pouvoir, laissant entrevoir les abus qui pourraient survenir s’ils y accédaient. Québec solidaire s’enfonce dans une guerre civile interne entre ceux qui souhaitent une « gauche de gouvernement » et ceux qui prônent une rupture radicale.
Quant à la Coalition Avenir Québec, le bébé de François Legault, elle est usée par le pouvoir. Malgré des politiques musclées en matière de laïcité, cela semble trop peu, trop tard pour un gouvernement qui s’est aventuré de manière imprudente avec l’argent des contribuables dans plusieurs éléphants blancs.
Malgré cette conjoncture exceptionnelle, PSPP ne doit surtout pas croire que tout est gagné d’avance : en politique, un an, c’est long. Et même si les élections auront lieu en octobre 2026, cela demeure une éternité dans un monde en changement constant. Il a toutefois acquis une légitimité nouvelle, qui lui ouvre l’oreille de personnes qui ne l’auraient pas été autrement. À lui d’en faire bon usage — et de s’entourer d’une équipe solide.
Qui a dit que le malheur des uns ne faisait pas le bonheur des autres ?



