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Déclenchement des élections : un point tournant pour le Québec?

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Il n’y a que quelques mois à peine, les sondages prévoyaient une victoire absolument écrasante de la CAQ. Or avec le déconfinement et le retour de la vie normale au Québec, la prépondérance caquiste semble s’être largement estompée pour laisser place à une toute nouvelle configuration partisane.

En prenant le relais des enjeux identitaires du PQ dans une forme non séparatiste et de centre-droit, la CAQ a, ces dernières années, réussi un coup de force. En effet, bien que le sentiment national soit très fort au Québec, une majorité de la population demeurait sceptique de l’idéalisme révolutionnaire de gauche du PQ ou de Québec Solidaire et la CAQ offrait ainsi une troisième voie; une manière d’affirmer une identité québécoise forte sans les risques de l’aventurisme.  

Or l’épisode pandémique et le régime d’état d’urgence a profondément changé l’image du parti, qui doit désormais composer avec un bilan difficile et une image associée à la toute-puissance et à l’arrogance du pouvoir. Ce qui s’annonçait être un parti qui allait s’inscrire dans la longévité, tel une Union Nationale renaissant de ses cendres, s’enligne maintenant pour n’avoir été qu’un feu de brousse aidant à la régénération de la scène partisane.

En effet, la CAQ aura définitivement éradiqué le PQ en le dépassant du côté des enjeux identitaires et saigné le Parti Libéral en lui prenant son mode de gouvernance affairiste. Or malgré de bon clash au sujet des tendances wokes, QS en ressort tout de même gagnant, reprenant à peu près l’entièreté du champ gauche et s’établissant de plus en plus comme LA véritable alternative « progressiste ».

Il faut comprendre que le wokisme et les critiques du wokisme s’alimentent dans cette « guerre culturelle », comme l’appellent les Américains, et que ça occasionne plus souvent qu’autrement un dialogue de sourds. Tout le monde sait que les partisans de QS ont très peu de chance de se déplacer vers la CAQ ; cette confrontation entre les deux partis ne faisant que renforcer chaque camp au détriment des libéraux et des péquistes.

C’est probablement la raison pourquoi le Parti Conservateur du Québec a choisi d’axer sa campagne strictement sur la liberté économique des Québécois sans aller trop profond dans les enjeux woke ou identitaires. Après une pandémie et des mesures sanitaires dévastatrices, une inflation galopante, une pénurie de personnel et de graves problèmes dans les chaînes d’approvisionnement, il était à peu près évident pour n’importe quel analyste un peu sérieux que le contexte politique serait résolument tourné vers les enjeux économiques. Et c’est là que tout pourrait se jouer pour la CAQ, qui semble continuer à vouloir jouer sur l’émotivité et les sujets faciles.

Bref, c’est une toute nouvelle configuration partisane qui s’installe au Québec, et la CAQ et les sphères médiatiques subventionnées savent que leur véritable opposition est le Parti Conservateur qui grossit rapidement à la droite du spectre. Non seulement le Québec est sur le point de dire adieu aux deux partis ayant dominés sa scène politique pendant des décennies, mais la dynamique actuelle fait en sorte que tous les gains de la gauche sur le parti au pouvoir se fera nécessairement au bénéfice du parti à sa droite, dans une drôle d’alliance tacite contre l’extrême-centre caquiste qui attire les opportunistes de tout poil et s’enlise tranquillement dans l’immobilisme et le statu quo.

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