Déclin de la fertilité : le Sud global voit émerger un mouvement childfree inattendu

Selon le Public Library of Science, dans un article édité par Sadie Harley et révisé par Robert Egan, les chercheurs Zachary Neal et Jennifer Neal de la Michigan State University expliquent que les pays en développement connaissent des proportions surprenantes de personnes volontairement sans enfants. Cette analyse, publiée dans la revue PLOS One, met en lumière un phénomène longtemps associé aux sociétés industrialisées, mais qui touche désormais de nombreuses régions du monde en développement.

Les auteurs expliquent que la baisse globale des taux de fécondité attire depuis quelques années l’attention sur les adultes qui ne souhaitent pas avoir d’enfants. Jusqu’ici, les études menées dans les pays riches montraient que ce groupe était en expansion et de plus en plus reconnu socialement. Mais comme le souligne le Public Library of Science, peu de recherches avaient examiné cette réalité dans les pays à faible ou moyen développement.

Pour combler cette lacune, Zachary Neal et Jennifer Neal expliquent avoir conçu un nouveau logiciel spécialement adapté aux données du Demographic and Health Surveys (DHS) Program, un vaste partenariat entre les États-Unis et plusieurs gouvernements du Sud global dédié à l’étude de la fécondité. Grâce à cet outil, les chercheurs ont pu analyser des données recueillies entre 2014 et 2023 auprès de plus de deux millions de personnes, dont plus de 37 000 identifiées comme childfree.

Les résultats révèlent de profondes variations selon les pays. Les chercheurs expliquent par exemple que parmi les femmes célibataires de 15 à 29 ans en Asie du Sud-Est, 7,3 % aux Philippines se déclarent childfree, contre seulement 0,4 % en Indonésie. Le record observé concerne la Papouasie-Nouvelle-Guinée, où 15,6 % de ces jeunes femmes n’ont pas d’enfants et n’en souhaitent pas, tandis que le taux le plus bas, 0,3 %, est constaté au Liberia.

Les auteurs précisent également que ce phénomène est fortement associé au niveau de développement humain. Ils indiquent que dans des pays affichant un indice de développement humain bas, comme le Tchad, la proportion de personnes childfree avoisine 1 %. À l’inverse, des pays plus développés comme la Turquie présentent des taux autour de 6 %. Les chercheurs ajoutent que l’égalité entre les genres et les libertés politiques jouent aussi un rôle, bien que de manière moins marquée.

Pour Zachary Neal et Jennifer Neal, ces données démontrent que le choix de ne pas avoir d’enfant dépasse largement le cadre des sociétés riches et industrialisées. Ils expliquent que comprendre ce phénomène dans les pays en développement permettra de mieux cerner les besoins en santé reproductive et les réalités sociales de ces populations souvent ignorées dans les politiques publiques.

Comme le souligne le Public Library of Science, les auteurs affirment que l’attention croissante portée aux personnes sans enfants dans le monde développé doit maintenant s’étendre aux pays en développement, où ce choix apparaît également comme un phénomène émergent.

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