Denison lance la première mine d’uranium par récupération in situ au Canada

Alors que l’énergie nucléaire connaît un regain d’intérêt à l’échelle mondiale, porté par la recherche de sources d’électricité à faibles émissions, la Saskatchewan s’apprête à franchir une étape technologique importante dans le secteur de l’uranium. Selon un article publié le 25 février 2026 par Blair McBride sur Mining.com, la société Denison Mines prévoit amorcer en mars la construction du projet Phoenix— la première mine canadienne d’uranium exploitée par récupération in situ (ISR).

Une décision d’investissement majeure

D’après Blair McBride, Denison a pris la décision finale d’investissement pour Phoenix, un projet dont le coût en capital est estimé à 419 millions de dollars canadiens. Cette annonce survient quelques jours seulement après que le régulateur fédéral a approuvé l’évaluation environnementale ainsi que les autres licences nécessaires au développement du site.

Le projet Phoenix fait partie de l’ensemble Wheeler River, situé dans le sud-est du bassin de l’Athabasca, à environ 550 kilomètres au nord de Regina. Selon les déclarations citées par Mining.com, le chef de la direction de Denison, David Cates, a indiqué que la construction devrait s’échelonner sur environ deux ans, avec un objectif de première production d’ici le milieu de 2028.

Cates affirme également que la mise en production de Phoenix positionnera Denison parmi le nombre restreint de producteurs capables d’ajouter une source significative d’uranium à l’offre mondiale avant la fin de la décennie.

La récupération in situ : un changement de paradigme

L’article de Mining.com souligne que la méthode ISR (in-situ recovery) est déjà largement utilisée aux États-Unis, mais constitue une première au Canada pour l’uranium. Contrairement à l’exploitation minière conventionnelle à ciel ouvert ou souterraine, l’ISR consiste à injecter une solution dans des puits forés sous terre afin de dissoudre l’uranium dans le minerai, puis à pomper cette solution vers la surface pour en extraire le métal.

Toujours selon Blair McBride, cette méthode présente plusieurs avantages :

  • des coûts inférieurs à ceux de l’exploitation de roche dure ;
  • l’absence de grandes fosses ou de galeries souterraines ;
  • une réduction des résidus miniers ;
  • une durée de construction plus courte, puisque les infrastructures lourdes de concassage et de broyage ne sont pas requises.

Dans un contexte où la demande d’uranium est appelée à croître parallèlement à la relance du nucléaire comme source d’énergie à faibles émissions, l’ISR pourrait conférer un avantage stratégique aux projets capables d’être mis en production rapidement.

Des paramètres économiques solides

Selon les données rapportées par Mining.com, une étude de faisabilité publiée en 2023 évalue le projet Wheeler River à une valeur actualisée nette (après impôts) de 1,16 milliard de dollars canadiens, avec un taux de rendement interne de 90 %. La durée de vie de la mine est estimée à dix ans.

Phoenix renferme des réserves prouvées de 6 300 tonnes à une teneur de 24,5 % d’oxyde d’uranium (U₃O₈), représentant 3,4 millions de livres et des réserves probables de 212 700 tonnes à 11,4 % U₃O₈, soit 53,3 millions de livres.

Denison détient 90 % du projet et en est l’opérateur. La participation restante de 10 % appartient à JCU (Canada) Exploration, une filiale privée détenue conjointement par Denison et UEX Corporation.

Il est à noter que Wheeler River comprend également le projet adjacent Gryphon, qui serait développé selon une méthode conventionnelle souterraine.

Sur les marchés, toujours selon Mining.com, l’action de Denison a progressé d’environ 1 % mercredi matin à Toronto, atteignant 5,92 $ CA, ce qui valorise l’entreprise à environ 5,3 milliards de dollars canadiens (3,9 milliards de dollars américains).

Un contexte régional en ébullition

L’avancement de Denison s’inscrit dans un moment charnière pour le secteur uranifère de la Saskatchewan. Blair McBride rapporte que Paladin Energy a obtenu récemment l’approbation provinciale de son étude d’impact environnemental pour le projet Patterson Lake South. De son côté, NexGen Energy a franchi une nouvelle étape dans le processus d’audience fédérale de la Commission canadienne de sûreté nucléaire pour son projet Rook I.

Si les trois projets — Phoenix/Wheeler River, Patterson Lake South et Rook I — entraient en production, ils figureraient parmi les cinq plus grandes exploitations du bassin de l’Athabasca en termes de réserves.

Une pièce stratégique dans la renaissance nucléaire

Le développement de Phoenix illustre une double tendance : la montée en puissance de l’uranium dans le contexte de la transition énergétique mondiale et l’évolution des techniques minières vers des méthodes perçues comme moins invasives.

En devenant le pionnier canadien de l’ISR pour l’uranium, Denison ne se contente pas d’ouvrir une nouvelle mine : l’entreprise teste un modèle d’exploitation susceptible de redéfinir la compétitivité du pays dans l’un des bassins uranifères les plus riches au monde.

Comme le rapporte Blair McBride pour Mining.com, l’objectif est clair : livrer une nouvelle source significative d’uranium avant la fin de la décennie, à un moment où la sécurité énergétique et la décarbonation redonnent au nucléaire une place centrale dans les stratégies industrielles des États.

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