Déportation bloquée d’un criminel violent : une nouvelle faille du système dénoncée

Dans une chronique publiée le 11 février 2026 dans le National Post, la journaliste Jamie Sarkonak s’attaque à ce qu’elle qualifie de nouvel échec du système judiciaire et migratoire canadien. Son texte, intitulé « Immigration minister’s refusal to deport knifepoint robber is another justice failure », porte sur le cas d’un réfugié reconnu coupable de multiples crimes violents qui, malgré une ordonnance d’expulsion en vigueur depuis 2019, ne peut être renvoyé dans son pays d’origine sans l’autorisation explicite de la ministre fédérale de l’Immigration.

Un parcours criminel jalonné de violence

Selon Jamie Sarkonak, le dossier concerne Oral Carver Lewis, originaire de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. L’homme, arrivé au Canada à l’âge de 33 ans, a été arrêté en 2009 pour avoir travaillé sans permis et a présenté la même année une demande d’asile. Dans cette demande, il aurait affirmé être homosexuel.

Or, rapporte la chroniqueuse du National Post, une décision judiciaire récente note que Lewis « nie être gai et affirme avoir déclaré l’être afin de rester au Canada ». Malgré cette admission ultérieure, les autorités de l’immigration ne lui ont pas retiré son statut de personne protégée, obtenu en 2010.

Au fil des années, Lewis a accumulé les condamnations : violence conjugale, vols, voies de fait armées, infractions aux interdictions de possession d’armes. En janvier 2022, alors qu’il était déjà sous ordonnance d’expulsion depuis deux ans, il aurait menacé de mort une procureure de la Couronne en pleine audience. La journaliste cite des propos explicites tenus à l’endroit de la procureure, soulignant le caractère grave et répété des menaces.

Elle ajoute que quelques mois auparavant, il aurait également tenu des propos obscènes et s’est exposé en salle d’audience.

Une condamnation récente… et une libération imminente

Selon Jamie Sarkonak, Lewis a été condamné le mois dernier à une peine de sept ans pour avoir volé une prostituée sous la menace d’un couteau. Toutefois, en raison du crédit pour détention préventive, il ne lui resterait qu’environ six mois à purger.

La journaliste précise qu’un juge l’a désigné « délinquant à contrôler à long terme », ce qui signifie qu’il sera soumis à une surveillance étroite après sa libération. Elle note toutefois que ce type de supervision mobilise des ressources déjà limitées et ne garantit pas l’arrêt des comportements criminels.

Un obstacle administratif déterminant

Le cœur du problème, selon la chronique, tient au statut de « personne protégée » dont bénéficie Lewis. En vertu de la loi actuelle, explique Sarkonak, l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ne peut expulser un réfugié reconnu coupable de crimes graves sans l’autorisation explicite du ministre de l’Immigration.

À l’heure actuelle, cette responsabilité incombe à Lena Diab. D’après la chroniqueuse, aucun ministre de l’Immigration n’a jusqu’ici donné le feu vert pour procéder à l’expulsion de Lewis.

Interrogé par le National Post, le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté n’aurait pas confirmé, avant l’heure de tombée, si le statut de réfugié de Lewis serait révoqué à la lumière de ses déclarations sur sa demande d’asile. Le porte-parole Matthew Krupovich aurait ultérieurement refusé de commenter en invoquant la protection de la vie privée.

Une critique élargie au système politique

Au-delà du cas individuel, Jamie Sarkonak y voit un symptôme plus large d’un dysfonctionnement institutionnel. Elle estime que l’exigence d’une autorisation ministérielle pour expulser des réfugiés criminels constitue un risque évident pour la sécurité publique.

La chronique mentionne également l’absence de réaction marquée du procureur général de l’Ontario, Doug Downey, dont le bureau aurait indiqué qu’il ne pouvait commenter des dossiers relevant de la compétence fédérale. Pour l’auteure, cette réponse illustre une réticence plus générale des responsables politiques à dénoncer les lacunes du système.

En conclusion, Sarkonak soutient que la situation ne changera pas tant qu’une pression politique plus large ne s’exercera pas pour modifier la loi. Elle affirme que l’affaire Lewis incarne, selon elle, une perte de crédibilité et de fermeté de l’État face à des comportements criminels répétés.

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