Le National Post, par la plume de la journaliste Courtney Greenberg, rapporte qu’une affaire d’agression sexuelle d’une extrême violence a secoué la communauté de Welland, en Ontario, et provoqué un vaste mouvement de protestation devant le palais de justice de St. Catharines. L’accusé, Daniel Senecal, est soupçonné d’avoir pénétré dans une maison dans la nuit du 31 août pour agresser sexuellement une fillette de trois ans pendant que ses parents dormaient. L’horreur de ce crime a poussé des centaines de citoyens à se mobiliser pour dénoncer un système judiciaire jugé trop clément envers les récidivistes.
La mère de deux enfants et survivante d’agression sexuelle Jackie Heximer a confié à Courtney Greenberg que cette affaire incarnait son « pire cauchemar ». Elle explique que « cela devrait déranger les gens, mettre mal à l’aise et culpabiliser les décideurs. Il est évident que le système est défaillant et que cela doit entraîner un changement ». Pour Heximer, il est crucial que l’affaire ne « sombre pas dans le silence » et que justice soit rendue à l’enfant.
La journaliste souligne que la manifestation du 10 septembre a rassemblé une foule nombreuse au point que la police a dû fermer la rue. L’atmosphère, selon Heximer, oscillait entre « puissance et désespoir » : puissance par l’unité et la solidarité, mais désespoir face au nombre de survivants présents, témoignant à quel point « le système a échoué » de manière répétée.
Courtney Greenberg rapporte également les propos d’Alicia Googoo, l’une des organisatrices de la mobilisation. Celle-ci explique que l’idée de la manifestation est née de l’indignation partagée sur les réseaux sociaux : « Je me suis dit que nous pouvions nous rassembler d’une manière qui aiderait à obtenir un changement, dans l’espoir que cet enfant reçoive la justice qu’elle mérite. » Elle ajoute avoir ressenti beaucoup d’amour et de compassion dans la foule, plusieurs survivants prenant la parole pour raconter comment la justice les avait, eux ou leurs enfants, laissés tomber.
La mobilisation ne s’est pas limitée à la protestation : des pétitions ont été signées sur place pour demander au gouvernement canadien des réformes, et plus de 2 100 $ ont été récoltés pour soutenir la victime et sa famille.
Courtney Greenberg précise que l’accusé n’en est pas à sa première affaire judiciaire. Déjà condamné en 2021 pour agression sexuelle et atteintes contre un mineur, il était en probation au moment des faits récents. Le chef de la police régionale du Niagara, Bill Fordy, a confirmé publiquement que Senecal était toujours soumis à une ordonnance de probation.
Cette récidive a attiré l’attention nationale, notamment celle du chef conservateur Pierre Poilievre. En conférence de presse, Poilievre a lancé un appel pour « la prison, pas la libération sous caution, afin de ramener la sécurité pour tous les Canadiens ».
Lors de l’audience de Senecal, la date du procès a finalement été reportée au 15 octobre pour permettre à l’accusé de consulter son avocat. Il fait face à cinq chefs d’accusation, dont agression sexuelle grave sur une personne de moins de 16 ans, voies de fait, étranglement et introduction par effraction.
Pour Heximer, le message reste clair : un lit d’enfant devrait être un lieu de sécurité absolue, jamais l’endroit où se produisent « violence et horreur ».



