Des chercheurs albertains misent sur la nanotechnologie pour vaincre les parasites agricoles

L’agriculture canadienne fait face à un défi colossal : chaque année, près de 40 % des récoltes mondiales sont perdues à cause des insectes ravageurs. Dans les Prairies, les producteurs de canola et d’autres cultures voient leurs efforts menacés par des parasites comme la punaise tarne et le ver gris. Or, une équipe de chercheurs basée à Lethbridge, en Alberta, tente de révolutionner la lutte contre ces nuisibles en s’appuyant sur la nanotechnologie.

Michael Franklin de CTV News explique que le biologiste Justin Pahara et ses collègues d’Agriculture et Agroalimentaire Canada testent une méthode qui viserait directement l’ADN des insectes. L’idée est d’insérer des composés chimiques spécifiques pour bloquer leur capacité à se nourrir, sans avoir recours aux épandages massifs de pesticides. Cette approche sélective offrirait l’avantage de préserver les pollinisateurs et autres insectes utiles, essentiels au maintien d’un écosystème agricole équilibré.

Les avancées reposent sur des recherches menées à la Canadian Light Source (CLS) de l’Université de la Saskatchewan. Grâce à l’imagerie par rayons X et à des modèles 3D, l’équipe de Pahara a pu observer en détail la manière dont les produits pénètrent et se concentrent dans le corps des parasites. Ces données ouvrent la voie à une génération de traitements plus précis et potentiellement capables de déjouer la résistance développée par certains insectes face aux pesticides conventionnels.

Le chercheur insiste sur le fait que la mission d’Agriculture et Agroalimentaire Canada est de fournir ces innovations à l’industrie pour réduire les risques technologiques et donner aux agriculteurs des solutions concrètes. Déjà publiés dans le Canadian Journal of Chemistry, ces travaux pourraient aussi s’élargir à la lutte contre les mauvaises herbes et les champignons nuisibles, confirmant l’ambition d’un outil polyvalent.

Dans un contexte où le secteur agricole canadien a généré plus de 142 milliards de dollars en 2024, la capacité de produire de manière efficace et durable s’avère capitale. Comme le souligne Franklin, pour Pahara, l’enjeu dépasse la science : il s’agit d’assurer l’avenir alimentaire et la viabilité économique des producteurs.

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