Des organisations lesbiennes, gaies et bisexuelles du monde entier viennent d’annoncer la création d’une nouvelle structure internationale indépendante, LGB International. Comme le rapporte Melanie Bennet pour True North, cette initiative marque une rupture avec le mouvement LGBTQ+ traditionnel jugé trop centré sur l’idéologie de l’identité de genre, au détriment des droits liés à l’orientation sexuelle.
Les fondateurs estiment que les grandes associations ont délaissé leurs missions premières, comme la lutte contre la criminalisation de l’homosexualité encore en vigueur dans 64 pays, ou la reconnaissance juridique des couples de même sexe. Frederick Schminke, président de LGB International, affirme que ces organisations « sont désormais entièrement dévouées à l’idéologie de l’identité de genre », ce qui, selon lui, met en péril les droits des gays et lesbiennes.
Le nouveau regroupement rassemble des membres dans 18 pays, de Taïwan à l’Australie, en passant par la Bulgarie et les États-Unis. L’initiative s’inspire de l’exemple britannique de la LGB Alliance, fondée en 2019. Au Canada, la section nationale de cette alliance s’intègre désormais dans ce réseau mondial, critiquant le rôle d’organisations comme Egale Canada, accusées de privilégier l’activisme autour de la « transition de genre » plutôt que la défense des droits homosexuels.
Egale Canada n’a pas répondu aux sollicitations de True North avant la publication. Les représentants canadiens de la nouvelle alliance soutiennent que les pratiques de « soins d’affirmation de genre » risquent de détourner certains jeunes homosexuels de leur orientation, en les poussant vers des parcours médicaux. Ils estiment aussi que la redéfinition des notions de « femme » et d’« homme » menace les protections basées sur le sexe biologique, tout en créant une hostilité à l’égard des gays et lesbiennes qui réclament des espaces propres.
Bev Jackson, cofondatrice de la LGB Alliance britannique, voit dans ce mouvement une alternative pour les jeunes homosexuels qui se sentent sous pression d’opter pour une transition médicale. D’anciens responsables de l’International Lesbian and Gay Association ont également salué la création de LGB International, qu’ils considèrent comme une correction nécessaire pour remettre au centre la défense des droits fondés sur le sexe et l’orientation sexuelle.



