Trois chercheurs chinois liés à l’Université du Michigan ont été arrêtés et inculpés aux États-Unis pour contrebande de matériel biologique et fausses déclarations à des agents fédéraux. L’affaire, rapportée par Robert Snell dans The Detroit News, marque une nouvelle étape dans une vaste enquête fédérale qui suscite des inquiétudes sur la sécurité nationale et les risques de bioterrorisme.
Les trois inculpés sont Xu Bai, 28 ans, arrivé aux États-Unis en août 2024 avec un visa de chercheur invité, Fengfan Zhang, 27 ans, arrivé en septembre 2023, et Zhiyong Zhang, 30 ans, présent depuis 2021. Bai et Fengfan Zhang font face à des accusations de conspiration de contrebande, un crime passible de vingt ans de prison, tandis que Zhiyong Zhang est accusé d’avoir menti aux autorités fédérales, une infraction passible de cinq ans d’emprisonnement.
Selon les documents judiciaires cités par Robert Snell, les trois chercheurs seraient liés à une autre universitaire chinoise, Chengxuan Han, condamnée en septembre pour avoir expédié illégalement des échantillons biologiques depuis la Chine vers des collègues du laboratoire de Shawn Xu, professeur de sciences de la vie à l’Université du Michigan. Les procureurs soutiennent que Han a envoyé des colis contenant des organismes vivants, notamment des vers ronds de type C. elegans, utilisés pour la recherche génétique.
L’enquête fédérale a débuté après que des agents des douanes ont intercepté, en mars 2025, un colis en provenance de Chine adressé à l’appartement de Bai à Ann Arbor. Le colis contenait un livre renfermant une enveloppe avec une note manuscrite comportant vingt-huit symboles et un schéma d’étiquetage, associés à des échantillons biologiques. Les autorités ont ensuite retracé plusieurs envois similaires de Han vers Fengfan Zhang, identifiés sous le pseudonyme de « Dylan Zhang », entre juillet et octobre 2024.
Zhiyong Zhang, de son côté, aurait reçu en 2022 un colis d’un chercheur affilié à l’Université Huazhong des sciences et technologies en Chine, et aurait lui-même envoyé en 2019 du matériel biologique au professeur Xu, sous de fausses étiquettes mentionnant de simples « plaques en plastique ».
L’avocat du professeur Xu, David Nacht, a affirmé au Detroit News que son client coopère pleinement avec les autorités et qu’il n’est pas visé par l’enquête. Selon lui, le laboratoire de Xu mène des recherches fondamentales sur les vers ronds sans aucun lien avec des applications militaires ou commerciales.
Les trois chercheurs auraient refusé de collaborer avec l’enquête interne de l’Université du Michigan en septembre, ce qui a entraîné leur licenciement et leur perte de statut légal de visa. Peu après, ils ont tenté de quitter les États-Unis. Les autorités les ont finalement localisés et arrêtés à l’aéroport JFK de New York le 16 octobre, alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer pour la Chine.
Lors de son interrogatoire, Zhiyong Zhang aurait nié connaître Chengxuan Han, bien que son dossier de visa de 2025 la mentionne comme son contact principal en Chine. Les enquêteurs ont noté chez lui un comportement nerveux et des contradictions lors de ses réponses.
L’Université du Michigan n’a pas souhaité commenter les nouvelles accusations. En juillet, sa porte-parole Kay Jarvis avait déclaré que l’établissement « condamne toute action susceptible de violer la loi fédérale, de menacer la sécurité nationale ou de compromettre la mission publique de l’université », assurant que l’institution continuerait de collaborer avec les autorités dans cette enquête.



