Disney tente désespérément de regagner un public masculin poussé à bout par le wokisme

Pendant des décennies, Disney a bâti un empire en misant sur des univers capables de captiver toutes les générations. Mais aujourd’hui, le géant du divertissement se retrouve face à une situation paradoxale : malgré la possession de franchises mythiques comme Star Wars, Indiana Jones et l’ensemble du Marvel Cinematic Universe, le studio cherche activement des idées pour séduire un public qu’il a contribué à repousser – les jeunes hommes âgés de 13 à 28 ans.

Comme l’explique Ian Miller dans OutKick, cette démarche est révélatrice d’un malaise plus profond. Comment une entreprise qui détient certains des héros les plus emblématiques du cinéma – de Luke Skywalker à Indiana Jones, en passant par Iron Man et Captain America – peut-elle en arriver à solliciter des créateurs pour lui dire ce que les jeunes hommes veulent voir ?

Selon Miller, la réponse se trouve dans une série de choix créatifs qui ont fragilisé la relation entre Disney et son audience masculine. La dernière trilogie Star Wars a été critiquée non seulement pour la faiblesse de son scénario, mais aussi pour avoir recentré l’intrigue autour d’un personnage féminin, Rey, incarnée par Daisy Ridley. Du côté d’Indiana Jones and the Dial of Destiny, Harrison Ford a été montré comme un vieil homme brisé, alors que le personnage d’Helena Shaw, interprété par Phoebe Waller-Bridge, semblait conçu pour prendre la relève. Résultat : un accueil tiède du public et un nouvel échec au box-office.

Le cas de Marvel est tout aussi révélateur. Après l’apogée d’Avengers: Endgame, le studio a multiplié les projets mettant en avant des personnages féminins ou des récits perçus comme fortement orientés par des préoccupations idéologiques. Ce virage a suscité une réaction négative, au point que certains critiques et spectateurs ont surnommé la franchise le « M-She-U ».

Une exception confirme pourtant la règle : Deadpool & Wolverine. Ce film, avec son humour corrosif et son duo masculin charismatique, a renoué avec le succès. Pour Ian Miller, ce n’est pas un hasard : l’œuvre a clairement assumé son intention de plaire aux hommes, en privilégiant l’action, l’auto-dérision et des personnages qui incarnent une forme de virilité assumée.

Miller insiste sur le fait que les studios comme Disney se sont enfermés dans une logique qui assimile les codes traditionnels des films d’action – humour potache, héros masculins, récits de camaraderie et d’aventure – à une forme de « masculinité toxique ». Dans ce contexte, séduire le public masculin devient presque tabou, alors même que ce public a longtemps été la colonne vertébrale de ces franchises.

Le problème, selon lui, est que la tentative d’élargir l’audience en féminisant ces univers n’a pas produit l’effet escompté : les femmes ne se sont pas massivement déplacées pour ces films, tandis que les hommes, désillusionnés, ont progressivement déserté les salles. Disney se retrouve donc dans une impasse : avoir voulu séduire tout le monde et finir par perdre tout le monde.

Aujourd’hui, l’entreprise tente de corriger le tir en sollicitant directement des propositions pour capter à nouveau l’attention des jeunes hommes. Mais cette initiative, souligne Miller, révèle surtout une méconnaissance persistante de ce que veut ce public : des histoires simples, rythmées, portées par l’aventure, l’action et l’humour. Des ingrédients que Disney a pourtant déjà entre les mains, mais qu’il semble avoir oubliés en route.

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