L’article de Jermaine Wilson, publié le 25 septembre 2025 dans CTV News Toronto, rapporte la décision du premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, d’interdire dès le mois prochain l’usage des radars photo dans l’ensemble de la province. Wilson explique que Ford a présenté ces dispositifs comme une simple « machine à cash » pour les municipalités, affirmant qu’ils ne contribuent pas réellement à la sécurité routière, mais qu’ils alourdissent plutôt les coûts pour les automobilistes.
Lors d’une conférence de presse à Vaughan, Doug Ford a martelé : « Assez, c’est assez », insistant sur le fait qu’il préfère miser sur des mesures proactives – dos d’âne, ronds-points, passages piétons surélevés, campagnes de sensibilisation – afin de ralentir les conducteurs. Son gouvernement annonce aussi la création d’un fonds provincial pour financer ces alternatives et obligera les villes à installer une nouvelle signalisation d’avertissement dès novembre, puis un système permanent de panneaux lumineux d’ici l’automne 2026.
Jermaine Wilson souligne que cette décision marque un revirement, puisque c’est le même gouvernement Ford qui, en 2019, avait autorisé l’installation de ces appareils. Plus de 700 caméras, réparties dans 40 municipalités, seraient touchées par la nouvelle loi si elle est adoptée.
La réaction des élus municipaux et des partis d’opposition est immédiate. La mairesse de Toronto, Olivia Chow, a dénoncé une décision « mauvaise » qui « signale aux gens que le gouvernement provincial tolère la vitesse ». Elle rappelle que « la vitesse tue » et cite un bilan de 250 morts ou blessés graves sur les routes de Toronto depuis 2024. Chow promet d’avertir directement les quartiers concernés et d’encourager les citoyens à interpeller leurs députés provinciaux.
Le maire de Vaughan, Steven Del Duca, prend quant à lui le contre-pied et se dit reconnaissant de voir le programme supprimé, puisqu’il avait déjà entrepris de retirer les radars dans sa ville.
Les partis d’opposition provinciaux vont plus loin dans leurs critiques. Jermaine Wilson rapporte que John Fraser, député libéral d’Ottawa-Sud, accuse Ford de « reculer » en matière de sécurité. Andrea Hazell, élue libérale de Scarborough-Guildwood, juge la mesure « imprudente », rappelant que les radars « sauvent des vies » même si le programme mérite d’être amélioré. Du côté du NPD, Jennie Stevens, porte-parole adjointe à la Sécurité publique, estime que Ford « enlève aux communautés des outils qui protègent les enfants, cyclistes et piétons », tout en détournant l’attention de son bilan économique.
Wilson indique également que la population ontarienne demeure largement favorable aux radars photo : un sondage de l’Association canadienne des automobilistes révèle que 73 % des répondants appuient l’automatisation du contrôle de vitesse. Une étude de juillet montrait aussi que ces dispositifs réduisaient de 45 % le nombre de véhicules en excès de vitesse près des écoles en zone urbaine.
Enfin, des groupes citoyens comme Safe Parkside, représenté par Faraz Gholizadeh, dénoncent une décision « insensée » et politicienne. Toutefois, Gholizadeh reconnaît que les changements dans la conception des rues sont souvent encore plus efficaces que les caméras pour réduire la vitesse.
Avec cette annonce, conclut Jermaine Wilson, le gouvernement Ford relance un bras de fer politique entre sécurité routière, finances municipales et coût de la vie, un débat qui devrait animer le parlement ontarien dès octobre.



