Quand CBC-Radio-Canada n’aime pas une personne ou une opinion, la société d’État la qualifie de « controversée ». Dans son langage, « controversé » signifie : conservateur, libertarien, religieux, traditionaliste, libéral classique, ou simplement pas en ligne avec l’idéologie woke. Pour le diffuseur public, il n’y a rien de « controversé » dans le fait qu’un homme qui « s’identifie » comme femme ait le droit absolu d’entrer dans les toilettes pour femmes et autres espaces réservés. En revanche, celles et ceux qui veulent protéger ces espaces sécurisés pour les femmes, eux, deviennent « controversés ».
Alors que des millions de personnes pleurent l’assassinat de l’activiste conservateur américain Charlie Kirk, CBC-Radio-Canada décrit ses opinions pro-vie et pro-Israël comme « controversées ». Selon la journaliste Verity Stevenson, Charlie Kirk aurait défendu « certaines des idées les plus extrêmes de l’extrême droite ». Dans son article, Mme Stevenson cite des universitaires qui qualifient la rhétorique de Kirk de « nuisible » et de « discours haineux ». Comme tout bon employé de la société d’État, elle ne juge pas utile de citer des universitaires (ou qui que ce soit, d’ailleurs) ayant un point de vue différent.
Notre propagandiste financé par l’État présente l’opposition de Charlie Kirk aux confinements liés à la Covid comme une « théorie du complot ». Et cela non pas dans un texte d’opinion, mais dans ce qui est censé être un reportage factuel. Pour le diffuseur, adhérer au récit gouvernemental sur la Covid, les confinements et les vaccins est intelligent, bon, juste, moral et scientifique. Tous les citoyens qui osent remettre en question ce gouvernement supposément omniscient et bienveillant sont relégués au rang de « complotistes ». Et, bien sûr, CBC-Radio-Canada ne les interviewe pas et ne leur donne pas la parole. Dans la section intitulée « théories du complot » de son article, le média reproche même à Charlie Kirk d’avoir utilisé l’expression « virus chinois » pour décrire… un virus venu de Chine.
Des millions d’Américains et de Canadiens sont des propriétaires d’armes respectueux de la loi et responsables. Ils détestent l’usage criminel des armes autant, sinon plus, que leurs voisins. Persuadés que seuls les politiciens corrompus ont réellement à craindre un peuple armé, les Américains tiennent naturellement à leur droit, garanti par le deuxième amendement, de posséder et de porter des armes. Pourtant, aux yeux de la société d’État, les opinions de dizaines de millions de citoyens américains et canadiens sont « controversées », car elle croit fermement que forcer d’honnêtes citoyens à enregistrer chaque arme réduira d’une manière ou d’une autre la criminalité violente.
Qualifier Charlie Kirk « d’extrême droite » s’inscrit dans la pratique constante de CBC-Radio-Canada qui consiste à diaboliser quiconque préfère la liberté aux diverses idéologies woke, socialistes ou néo-marxistes : libéraux classiques, conservateurs, libertariens ou personnes attachées aux traditions religieuses. Pour le diffuseur public, même le mot « liberté » est devenu un slogan de « l’extrême droite ».
CBC-Radio-Canada utilise « extrême droite » aussi bien pour désigner des néonazis et de véritables racistes que pour décrire des opinions conservatrices largement partagées sur des sujets comme l’avortement, Israël, l’idéologie transgenre, la possession d’armes ou le droit d’un pays à protéger ses frontières. Le spectre politique gauche-droite (que je considère comme profondément imparfait, puisqu’il y a bien plus que deux visions de la politique) suppose l’existence d’un grand bloc de Canadiens « centristes », entourés d’une minorité « d’extrême gauche » et « d’extrême droite », et d’encore plus petites franges « extrémistes ». Le diffuseur croit-il vraiment que la moitié de la population canadienne relève de « l’extrême droite » ?
Comme l’a montré Élie Cantin-Nantel, une recherche du terme « extrême droite » sur le site de CBC-Radio-Canada donne plus de 2 170 résultats, tandis que « extrême gauche » n’en donne qu’un peu plus de 120. Mais puisque la « extrême droite » de la société d’État englobe des millions de conservateurs, de libertariens, de croyants et d’autres non-woke, il est logique qu’elle en parle 18 fois plus souvent que de « l’extrême gauche ». Si le diffuseur public peine à remarquer « l’extrême gauche », c’est probablement parce qu’il évolue lui-même dans ce coin de l’univers. En dehors de sa chambre d’écho, tout est « de droite » ou « d’extrême droite ».
Notre diffuseur public emploie donc « extrême droite » pour salir Charlie Kirk, et avec lui des millions de conservateurs et libertariens canadiens, en les mettant dans le même panier que les nationalistes blancs et autres racistes véritables (par opposition à ceux faussement accusés de « racisme » parce qu’ils s’opposent aux quotas raciaux ou à l’idéologie woke). Jusqu’à ce que CBC-Radio-Canada (et d’autres médias financés par l’État) se mette à employer « extrême droite » pour désigner libertariens et conservateurs, cette expression ne s’appliquait qu’aux fascismes et autres mouvements racistes hostiles à la démocratie parlementaire et aux libertés civiles. Les journalistes de la société d’État comme Verity Stevenson savent sûrement que l’étiquette « extrême droite » est péjorative. Ils devraient avoir dépassé la maternelle en matière de politique, et être capables de faire la différence entre fascistes et libéraux classiques.
CBC-Radio-Canada flatte ainsi son auditoire libéral-NPD, le maintenant en état d’alerte permanent contre les prétendus dangers d’une « extrême droite » grandissante — autrement dit, de la majorité des Canadiens qui osent s’écarter du récit NPD-Libéral-CBC-Radio-Canada. Cette stratégie peut bien consolider l’appui des militants woke à court terme, mais à long terme, la campagne de salissage simpliste du diffuseur public mine toujours davantage sa crédibilité.



