La nouvelle n’a fait surface que récemment : une épidémie sans précédent de maladies transmises par les moustiques — notamment le chikungunya et la dengue — ravage actuellement l’île de Cuba et aurait déjà fait plusieurs milliers de victimes. Les images en provenance de cette destination prisée des Québécois montrent des travailleurs pulvérisant des fumigènes à mains nues, sans aucune protection, dans l’espoir de contenir la prolifération des moustiques. Symptôme d’un système à bout de souffle ?
Selon une Québécoise d’origine cubaine, connue sous le nom de La Cubaquoise sur Facebook, la situation serait catastrophique. Des quartiers entiers de La Havane, habituellement épargnés par les maladies tropicales, voient leurs habitants tomber malades les uns après les autres. Plusieurs personnes subiraient encore, des mois plus tard, les séquelles d’une simple piqûre de moustique infecté.
Les conditions sanitaires fragilisées du pays sont directement mises en cause. Jamais, même durant la triste « période spéciale » qui a suivi l’effondrement de l’URSS, Cuba n’aurait atteint un tel niveau de dégradation. Les citernes d’eau stagnante deviennent des incubateurs parfaits pour les moustiques. Les déchets s’accumulent dans les rues. L’eau courante et l’électricité sont régulièrement interrompues.
Dans les hôpitaux, le constat est encore plus sombre. Autrefois présentée comme un modèle de santé pour les pays en développement, Cuba manque désormais de tout : équipements, médicaments, personnel. L’exode massif de centaines de milliers de Cubains depuis la pandémie — souvent des travailleurs qualifiés et des jeunes professionnels — a vidé l’île de ses ressources humaines essentielles. Le vieillissement accéléré de la population complique encore la gestion de la crise. Des cas de choléra auraient même été rapportés dans certaines régions. Les centres funéraires, débordés, peinent à répondre à la demande.
Les Québécois, qui affectionnent particulièrement Cuba, commencent eux aussi à ressentir le contrecoup de cette crise. Certains voyageurs seraient revenus malades et ont dû être soignés au Québec. Difficile de ne pas compatir avec la population cubaine, victime d’une gestion économique désastreuse perpétuée par le régime communiste depuis 1959.
Si vous prévoyez un voyage à Cuba, il est indispensable de tenir compte de cette situation sanitaire exceptionnelle. Informez-vous sur les symptômes, les traitements disponibles et les mesures de prévention. Et si vous choisissez malgré tout de vous rendre sur l’île, sachez qu’apporter des biens essentiels — médicaments, savon, pansements, produits antiseptiques — peut réellement aider des familles locales. Parfois, un simple geste comme apporter des médicaments à des familles dans le besoin peut sauver des vies.



