L’une des modes les plus moquées sur le web, celle des « furries », aurait pris d’assaut certaines écoles de l’Outaouais, comme à l’École polyvalente Nicolas-Gatineau, où des élèves se feraient promener en laisse en actant des animaux tels que des chiens ou des chats. Selon des parents, la pratique serait tolérée par les établissements.

Les Furries – au singulier « furry » – sont un jeu de rôle curieux où adolescents et adultes se déguisent et agissent comme des animaux mignons présentant certaines caractéristiques humaines. L’allure de ces costumes, les « fur suits », est aisément identifiable et représente souvent une sorte de loup dans un style de dessin animé.

Bien qu’officiellement, le mouvement Furry soit distinct du cosplay, qui consiste en le fait de se déguiser en personnage de fiction, et de l’affirmation identitaire ou du fétichisme, les limites de la pratique demeurent assez floues et certains adeptes mélangent ces éléments.

De la sorte, il est possible depuis plusieurs années de voir sur le web des gens qui n’y voient qu’un jeu, d’autres qui en font l’entièreté de leur personnalité, ainsi que d’autres qui en font un jeu sexuel.

On ne dispose pas assez de détails à ce moment pour déterminer exactement de quoi il s’agit dans les écoles québécoises, mais les photos transmises dans les médias présentent simplement des jeunes tenus en laisses sans leurs costumes caractéristiques… L’image est donc de prime abord choquante, puisqu’on pense instantanément à une relation un peu fétichiste, mais il ne faudrait pas sauter aux conclusions.

Il reste aussi à savoir si le jeu de rôle se fait de manière légère et innocente ou si elle s’accompagne d’une auto-identification en tant qu’animal, qui serait évidemment aggravant pour cette tendance woke à s’identifier à loisir à n’importe quoi.

Dans tous les cas, nombreux sont ceux qui y voient une décadence morale dans les écoles occidentales et une tendance à accepter trop facilement les lubies de la jeunesse. La chose choquerait probablement moins dans des écoles primaires, mais rendu au secondaire, jouer aux animaux semble effectivement un peu impertinent.

Philippe Sauro-Cinq-Mars

Diplômé de science politique à l'Université Laval en 2017, Philippe Sauro Cinq-Mars a concentré ses recherches sur le post-modernisme, le populisme contemporain, la culture web et la géopolitique de l'énergie. Il est l'auteur du livre "Les imposteurs de la gauche québécoise", publié aux éditions Les Intouchables en 2018.

Recent Posts

Marine Le Pen bannie des élections de 2027

La présidente du Rassemblement National, Marine Le Pen, a été condamnée à 4 ans de…

16 heures ago

Les Québécois paient leur essence plus cher que partout ailleurs au pays

Depuis le 1ᵉʳ avril 2025, les automobilistes québécois paient leur essence jusqu'à 25 cents de…

17 heures ago

Itinérance, tags et poubelles : la réalité d’une métropole en crise

On se promène dans les rues de Montréal et on est surpris par la quantité…

17 heures ago

Carney et les intérêts chinois : une ombre persistante sur le Parti libéral du Canada

Les récentes révélations relayées par Jen Hodgson, du Western Standard, ont mis en évidence des…

2 jours ago

L’ignorance politique : notre plus grand ennemi collectif

Il faut bien le dire : lorsqu’on discute avec des Européens – Français, Italiens ou…

2 jours ago