Facture de 173 574 $ pour un ministère inactif : Kayabaga dans la tourmente

Alors que les Canadiens sont régulièrement appelés à se serrer la ceinture, une facture de vacance administrative de plus de 170 000 $ sur neuf jours — facturée par une ministre en fonction pendant que le Parlement ne siégeait même pas — soulève inévitablement des questions. C’est dans ce contexte inflammable que le Western Standard, relayant les informations publiées par Blacklock’s Reporter, braque les projecteurs sur la députée libérale Arielle Kayabaga, nommée soudainement ministre avant l’élection et aujourd’hui au centre d’un imbroglio politico-administratif qui embarrasse le gouvernement.

La controverse révélée par le western standard

Dans un article publié le 14 novembre 2025, le Western Standard rapporte que la députée libérale de London West, Arielle Kayabaga, fait face à un regain de critiques après avoir refusé de dire si des membres de son personnel — rémunérés par l’État — accomplissaient du travail de campagne électorale, ce qui contreviendrait directement aux règles du Conseil du Trésor. Le gouvernement, indique le média albertain, soutient maintenant que les 173 574 $ facturés en seulement neuf jours correspondaient « principalement à de la vacance administrative ».

Cette ligne défensive provient d’une déclaration transmise à Blacklock’s Reporter, où Mark Kennedy, porte-parole du leader du gouvernement à la Chambre des communes, affirme qu’« il n’y a eu rien d’impropre ». Selon lui, Kayabaga n’aurait embauché « aucun employé additionnel » et se serait contentée de « garder le personnel déjà en place avant son arrivée ».

Kayabaga elle-même, poursuit le Western Standard, a publié une déclaration écrite répétant essentiellement la même justification. Elle a toutefois refusé de répondre aux questions des journalistes, renvoyant tout le monde vers le bureau du leader du gouvernement à la Chambre — tandis que le Bureau du Conseil privé, lui, n’a tout simplement pas voulu commenter.

Un ministère sans Parlement… mais avec une facture salée

Le Western Standard rappelle qu’Arielle Kayabaga a occupé les fonctions de leader du gouvernement à la Chambre des communes et de ministre des Institutions démocratiques du 14 mars au 23 mars, soit jusqu’au déclenchement de l’élection. Or, durant cette période, Parlement ne siégeait pas. Aucun dossier législatif n’était actif. Aucun débat n’était en cours. Aucune coordination interpartis ne nécessitait le déploiement d’une équipe ministérielle complète.

Malgré cela, la ministre aurait facturé des montants à six chiffres pour des “services de personnel”, notamment le 21 mars, soit deux jours avant l’élection, moment où elle publiait simultanément un appel public pour recruter des bénévoles de campagne.

« Je veux continuer de me battre pour London West et je veux le faire avec vous », écrivait-elle sur les réseaux sociaux. Elle invitait ses abonnés à devenir bénévoles, à demander une pancarte électorale, ou encore à donner.

Des règles pourtant limpides

Le Western Standard, s’appuyant sur les documents du Conseil du Trésor, souligne que les directives fédérales sont inéquivoques : aucune ressource financée par les contribuables ne peut servir à des fins partisanes. Mieux encore, les règles insistent pour que ministres et personnel politique évitent même l’apparence d’utiliser des fonds publics pour soutenir une campagne.

Dans ce cas-ci, c’est précisément l’apparence — sinon davantage — qui dérange : un personnel payé par l’État, une ministre sans véritable cahier de charges, un Parlement fermé, et une facture de 173 574 $ justifiée ensuite par une référence vague à de la vacance administrative.

Une nomination déjà controversée

Le Western Standard rappelle que les interrogations autour d’Arielle Kayabaga ne datent pas de cette controverse. Dès sa prestation de serment, lorsqu’on lui a demandé quelles seraient ses responsabilités, elle avait admis « ne pas encore le savoir ». Des journalistes avaient alors questionné la nécessité d’un leader du gouvernement à la Chambre… en l’absence de Chambre.

À cela, Kayabaga avait répondu qu’il fallait que le gouvernement « soit uni » et que « l’équipe Canada n’est pas seulement pour le Parti libéral ». Lorsqu’on lui a demandé si elle avait contacté les autres leaders parlementaires, elle a dû reconnaître que non. Quant à ses priorités comme ministre, elle s’était limitée à évoquer son souhait d’« une démocratie sécurisée ».

Toutes ces réponses avaient donné l’impression d’une nomination improvisée. Les révélations du Western Standard et les données rapportées par Blacklock’s Reporter ne font qu’amplifier ce sentiment.

Questions sans réponses, gouvernement silencieux

Le nœud de la question demeure entier : comment une ministre peut-elle facturer 173 574 $ en neuf jours, sans Parlement, sans mission clairement définie, et sans fournir d’explication transparente ? Le gouvernement mise sur une justification administrative — la vacance administrative — qui laisse perplexes autant les contribuables que les observateurs.

Le Western Standard souligne d’ailleurs que la députée refuse toujours les entrevues, alors que ni le Bureau du Conseil privé ni le Cabinet du premier ministre n’ont fourni d’éclaircissements.

Pendant ce temps, les électeurs de London West — et les contribuables canadiens en général — doivent naviguer à travers ces contradictions, en attendant une réponse qui tarde à venir.

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