La rédaction de La Presse canadienne, dans un article de Global News, rapporte que le gouvernement fédéral a modifié la réglementation entourant certains produits chimiques et équipements afin de freiner la fabrication illégale de drogues de synthèse, dont le fentanyl et la méthamphétamine. Ces changements, pilotés par Santé Canada, visent directement les réseaux criminels qui exploitent des substances et du matériel pourtant utilisés légalement dans plusieurs secteurs industriels.
Les nouvelles règles s’inscrivent dans le cadre de la Loi réglementant certaines drogues et autres substances. Elles imposent désormais le signalement obligatoire des transactions jugées suspectes impliquant des précurseurs chimiques, tout en obligeant les entreprises détenant un permis à prendre des mesures raisonnables pour éviter que ces substances ne soient détournées vers le marché illégal. Selon les autorités, ces ajustements répondent à une hausse préoccupante de la production clandestine de drogues au pays.
La Presse canadienne explique que Santé Canada élargit également les conditions de vente de certains produits de santé contenant de l’éphédrine ou de la pseudoéphédrine. Ces substances, bien connues pour leur usage dans la fabrication de méthamphétamine, sont aussi présentes dans des médicaments en vente libre, notamment des décongestionnants. Le resserrement vise à réduire les risques que ces produits soient achetés dans un but autre que médical.
Les autorités fédérales s’attaquent par ailleurs à l’accès à l’équipement servant à la fabrication de drogues. La disponibilité des presses à comprimés et de certaines composantes spécialisées sera réduite, notamment par l’imposition d’une obligation d’enregistrement à l’importation. L’objectif est de donner davantage de leviers aux agents frontaliers pour intercepter du matériel destiné à des laboratoires clandestins.
Le Canada compte des dizaines de substances inscrites comme précurseurs chimiques. La majorité d’entre elles ont des usages légitimes dans les domaines pharmaceutiques, alimentaires ou encore dans la fabrication de parfums. Toutefois, les forces policières observent une augmentation du détournement de ces produits, tant par importation illégale que par une production domestique accrue.
Dans le résumé réglementaire cité par La Presse canadienne, Santé Canada souligne que la majorité des décès par surdose au pays impliquent du fentanyl produit illégalement. Les autorités notent également une croissance de la fabrication locale, ce qui complique les efforts de lutte contre le trafic et augmente les risques pour la santé publique.
Les amendements visent donc à perturber les activités des organisations criminelles, non seulement pour réduire la présence de ces drogues dangereuses au Canada, mais aussi pour limiter leur exportation vers d’autres pays. Ottawa souhaite ainsi renforcer l’ensemble de la chaîne de contrôle, de la vente des précurseurs jusqu’à l’importation d’équipements spécialisés.
Enfin, Santé Canada rappelle que certains produits naturels et médicaments sans ordonnance contenant de l’éphédrine ou de la pseudoéphédrine ont parfois été commercialisés auprès de consommateurs cherchant à améliorer leurs performances sportives, à perdre du poids ou à augmenter leur niveau d’énergie. Les nouvelles règles visent à endiguer ces usages détournés, jugés à risque, tout en maintenant l’accès légitime à des traitements autorisés.



