Fierté Montréal : deux événements pour une seule cause, mais une impasse commune

Depuis plus de 30 ans, le Festival Fierté Montréal se tient chaque mois d’août, comme un rendez-vous désormais incontournable dans l’une des villes phares de la cause LGBT+ à l’échelle mondiale. À ses débuts, il s’agissait pour les homosexuels d’affirmer : « Oui, nous existons, et vous devrez vivre avec ça. » Il faut dire que la police n’y allait pas de main morte à l’époque, multipliant les descentes dans les bars clandestins fréquentés par les homosexuels.

Mais cette époque sombre est derrière nous, et bien des choses ont changé. Le mariage est reconnu pour tous, peu importe l’orientation sexuelle. Un chef de parti — conservateur, rien de moins — est ouvertement homosexuel, et cela ne dérange plus grand monde. Alors, qu’est-ce qui coince encore aujourd’hui avec la cause LGBT+ ?

Beaucoup de choses, en réalité. On sent poindre une lassitude généralisée, tant dans la population que chez plusieurs membres de la communauté LGBT+, face à la récupération commerciale et politique des enjeux de diversité par les grandes banques, les compagnies d’assurance, de préservatifs ou encore pharmaceutiques (car il faut bien vendre du Viagra). C’est d’ailleurs pour cette raison qu’une frange plus radicale de la gauche organise un événement parallèle au Festival Fierté Montréal.

Fierté Indomptable, c’est la riposte à la version officielle, perçue comme chic, corporative et institutionnalisée par le soutien massif des gouvernements municipaux, provinciaux et fédéraux. Ce phénomène n’est pas propre au Québec : dans tout l’Occident, une gauche militante, parfois qualifiée d’extrémiste, met sur pied des festivités concurrentes. En France, c’est notamment le cas avec la « Pride des banlieues ».

Mais peu importe la forme — qu’il s’agisse de célébrations glamour, où le champagne coule à flot, ou de manifestations plus radicales —, nous semblons aujourd’hui dans une impasse. Le mouvement LGBT+, s’il existe toujours en tant que tel, a remporté la majorité de ses grandes batailles. Les couples de même sexe peuvent se marier, adopter, et jouissent des mêmes droits et obligations que les couples hétérosexuels.

Mais cela ne suffit plus. Certaines revendications militantes réclament désormais l’ajout d’un genre X sur les passeports, l’installation de toilettes non genrées, ou encore des résidences pour aînés LGBT. D’autres souhaitent introduire les théories du genre dès la petite enfance, par exemple à travers des lectures de drag queens en milieu scolaire.

Ces nouvelles revendications suscitent un malaise légitime, mais toute critique est immédiatement assimilée — souvent par des médias comme Radio-Canada — à une montée de la haine envers les minorités sexuelles. Impossible de questionner des choix sociaux encore mal documentés, comme la transition de genre chez les mineurs. Demander des études, ou simplement émettre des doutes sur un narratif officiel où « tout va bien », peut mener à des sanctions : perte d’emploi, lynchage social, ostracisation professionnelle.

Les gens ne sont pas devenus plus homophobes ou transphobes qu’avant. Ce que l’on observe, c’est plutôt un effet de ressac, face à l’obligation d’adhérer à toutes les revendications sans pouvoir poser de questions. Or, une démocratie saine permet la remise en question, surtout lorsqu’un courant défend une approche encore scientifiquement contestée. C’est ainsi que la science a progressé : grâce à ceux qui ont osé défier le consensus.

Il en va de même pour les avancées sociales. Élargir sans cesse le champ des possibles n’est pas en soi une preuve de progrès. Il existe des domaines, notamment lorsqu’il est question d’enfants, où la prudence devrait s’imposer. Qu’il s’agisse de les exposer à des contenus comme ceux présentés par des drag queens, ou de leur administrer des bloqueurs de puberté, un recul critique est nécessaire.

De cette façon, il ne serait plus nécessaire d’organiser des contre-manifestations pour dénoncer une prétendue « haine » homophobe ou transphobe. La majorité des droits ont été acquis. Et la plupart des personnes dans la constellation LGBT+ (si tant est que cette communauté existe réellement comme un bloc uni) vivent très bien avec cela.

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