Fierté Montréal : un festival radicalement woke

Le mois de juin est derrière nous, mais à Montréal les célébrations de la Fierté LGBTQ+ restent à venir. L’édition 2025 du festival Fierté Montréal se tiendra du 31 juillet au 10 août. (Ceci dit, une municipalité peut bien être l’hôte d’un festival quelconque à sa convenance, c’est de dédier un mois complet aux minorités sexuelles qui est excessif – ça le serait pour n’importe quelle catégorie de la population).

Mon emploi de l’acronyme LGBTQ+ en introduction est peut-être dépassé. Sur le site de Fierté Montréal, il est question du festival « des communautés 2SLGBTQIA+ » – au moins, ils emploient le pluriel (certains porte-paroles et représentants politiques parlent de « communauté LGBTQ+ », alors qu’une telle communauté n’existe évidemment pas).

Le festival de Fierté Montréal est lourdement chargé idéologiquement. L’édition 2025 met l’accent sur l’approche inclusive et la diversité identitaire, incarnée dans le slogan « Fleurir ici, maintenant ! ». Les enjeux trans, non-binaires et queer y sont surreprésentés. Il suffit de consulter le programme pour constater une abondance de spectacles de drag queens et l’omniprésence de la thématique queer/racisée.

Sur les quatre principales soirées (du 7 au 10 août), il y a d’abord la soirée 100% drag dont l’ouverture est assuré par un DJ qui s’identifie comme non-binaire. Le vendredi 8, on présente DistinXion, un spectacle « où la puissance queer occupe le devant de la scène comme nulle part ailleurs », lors duquel un autre artiste s’identifiant comme non binaire va clôturer la soirée. Le samedi 9, Xcellence propose « une célébration complète des communautés BIPOC 2SLGBTQIA+ » (de l’acronyme anglais : Black, Indigenous, and People of Colour). Ainsi, le néo-progressisme woke a éclipsé les personnes homosexuelles et bisexuelles qui n’appartiennent pas aussi à d’autres groupes minoritaires. Celles-ci ne peuvent s’y reconnaître que par adhésion idéologique ou par engouement pour les cultures trans et drag.

Rien n’exprime mieux le wokisme que les « Espaces Bienveillants du Festival Fierté Montréal » (communément appelés « safe spaces »), des « refuges spécialement dédiés aux communautés racisées » qui «  représentent un lieu d’inclusion et de respect, où les réalités des discriminations raciales et des préjugés multiples sont reconnues et accueillies ». Ces espaces QTBIPOC (pour Queer and/or Trans Black, Indigenous and People of Color, en anglais) sont réservés aux personnes racisées. On y admet aussi les jeunes de 14 à 25 ans, pour les soulager du « monde dominé par les normes hétérocentrées et cisnormées ». Au nom de la vertu, on pratique la ségrégation – mais seulement parce qu’elle s’effectue dans le « bon » sens. Parallèlement, ces mêmes militants s’opposent aux espaces réservés exclusivement aux femmes.

(En passant, Fierté Montréal a vraiment incorporé le logiciel gauchiste sur toute la ligne. Pour être acceptés dans le Défilé de la Fierté, les véhicules des participants doivent être électriques, hybrides, au biodiesel ou au propane).

Sur les photos du site web de Fierté Montréal, les personnes de couleur et les femmes sont mises de l’avant, indiquant une adhésion au féminisme intersectionnel. Dans le microcosme « 2SLGBTQIA+ », les hommes blancs homosexuels occupent la place assignée aux hommes blancs hétérosexuels dans le barème woke général, et les lesbiennes de race blanche celle attribuée aux femmes blanches hétéros : soit celle des privilégiés qui doivent céder la place, s’auto-flageller et s’excuser d’exister. Le festival ne parle plus des réalités propres aux lesbiennes, gays et bisexuels.

Ceci dit, l’une des deux pires menaces à peser sur les personnes LGB « ordinaires », c’est d’être amalgamés au militantisme TQ+, avec ses drag queens de service qui diffusent leur propagande aux touts petits sous la guise de contes pour enfants. L’édition 2025 propose d’ailleurs un Brunch Familial LGBTQ+ comprenant un spectacle de drag queen avec Barbada suivi d’un « atelier pour enfants ». Tant que les militants solliciteront les mineurs, et notamment les jeunes enfants, l’acceptation des minorités sexuelles reculera. L’autre menace, c’est l’intolérance venant d’une certaine immigration extra-européenne.

Des groupes « LGB sans le T » sont en train d’émerger dans différents pays occidentaux. Cependant, un groupe se revendiquant « LGB sans le T », c’est‑à‑dire voulant se dissocier du trans-activisme, serait fort probablement considéré en conflit direct avec les valeurs officielles du défilé. Le code de conduite de Fierté Montréal interdit tout comportement qu’il considère discriminatoire, notamment la transphobie (réelle ou fantasmée).

Pourtant, la scission semble inévitable. Toutes les personnes homosexuelles qui ne sont pas endoctrinées par le wokisme devraient le comprendre. Le concept de non-binarité et l’amalgame de la notion d’identité genre avec le sexe, mis de l’avant par le mouvement trans, entrent directement en conflit avec la définition même de l’homosexualité, qui se base sur la réalité binaire du sexe.

Rien ne démontre mieux ce potentiel conflictuel entre le LGB et le TQ+ que la controverse au sujet de l’App, une application de rencontres pour lesbiennes qui vise à exclure les individus de sexe masculin s’identifiant en tant que femmes transgenres. Selon la logique des trans-activistes, un couple hétérosexuel dont le partenaire de sexe masculin s’identifie comme une femme trans peut être considéré lesbien.

Évidemment, les LGB n’ont pas besoin du TQ+ pour s’attirer le mépris d’une partie de la population. Il y a parmi les LGB des individus qui font du défilé de la fierté une célébration de leur sexualité alors qu’il s’agit d’une commémoration du combat contre la discrimination basée sur l’orientation sexuelle. Ainsi, on peut voir des hommes très légèrement vêtus, souvent dans des tenues fétichistes, venir exhiber leurs fantasmes BDSM au grand jour. Par exemple, on peut voir des hommes promener leurs esclaves sexuels en laisse (parfois, ceux-ci portent des masques de chiens). Dans certaines villes, il est carrément question de nudité ou de tenues qui se mériteraient des amendes pour grossière indécence si portées dans la rue à n’importe quel autre moment. Même s’ils ne représentent qu’une minorité des participants, ce sont eux qui retiennent l’attention. Année après année, les images de ce type de dévergondage deviennent à coup sûr virales sur les réseaux sociaux.

Le portrait du festival serait incomplet sans mentionner les revendications politiques de Fierté Montréal. Parmi celles-ci, « l’accès et la gratuité des soins d’affirmation de genre » (y compris pour les mineurs), l’augmentation du financement public des organismes 2SLGBTQIA+ ainsi que le financement de l’éducation à la sexualité « positive, émancipatrice et inclusive », lire : qui inclut la présentation de la notion d’identité de genre. Figurent d’autres points qui n’ont pas de lien spécifique avec les minorités sexuelles, dont « la reconnaissance publique du racisme systémique », la solidarité avec les luttes autochtones et la décriminalisation du travail du sexe ainsi que de l’usage des drogues. Fierté Montréal est membre du Conseil québécois LGBT, un organisme qui a pris position contre la loi 21.

À l’instar des associations féministes intersectionnelles, les organismes LGBTQ+ défendent avant tout le néo-progressisme woke. Ils n’ont que du mépris pour les personnes L, G, B ou T de droite qui s’opposent à leur agenda politique. Les personnes issues des minorités sexuelles et leurs alliés qui participent au festival de Fierté Montréal doivent comprendre les implications politiques de l’événement : assister à ce défilé, ça signifie cautionner l’idéologie queer, le militantisme LGBTQ+ et les revendications de l’organisme. Combien de temps les personnes L, G, B, et T ordinaires vont-elles continuer d’accepter de se faire représenter par des organismes de gauche radicale qui ne font que provoquer un retour de balancier? Rien n’enverrait un message aussi encourageant qu’un taux de participation historiquement bas à l’événement.

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