Frappes américaines et israéliennes en Iran : état des lieux

Les États-Unis et Israël ont lancé samedi 28 février 2026 une vaste opération militaire contre l’Iran, visant des installations stratégiques, des infrastructures militaires et des figures clés du régime. L’attaque marque une rupture nette après plusieurs semaines de tensions liées au programme nucléaire iranien et aux négociations infructueuses menées récemment à Oman et à Genève.

Les premières frappes ont notamment visé le complexe du guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, à Téhéran. Des images satellites diffusées par Airbus et relayées par l’Associated Press montrent des dommages majeurs sur le site.

Une campagne planifiée de longue date

Selon un reportage de Dan Sabbagh dans The Guardian, l’opération a débuté en matinée — un choix inhabituel destiné à maximiser l’effet de surprise — et s’est déployée en plusieurs vagues. L’armée israélienne affirme que 200 avions de chasse ont frappé des centaines de cibles, incluant des systèmes de défense aérienne, des sites de lancement balistique et des infrastructures liées aux Gardiens de la révolution.

Au cours du dernier mois, les États-Unis avaient déployé deux groupes aéronavals dans la région : l’USS Abraham Lincoln en mer d’Arabie et l’USS Gerald R. Ford en Méditerranée orientale. Chacun dispose d’environ 75 avions de combat, auxquels s’ajoutent des destroyers et sous-marins équipés de missiles Tomahawk, rapporte The Guardian.

Dans une adresse vidéo relayée par l’Associated Press, le président américain Donald Trump a annoncé le lancement de « major combat operations in Iran » et appelé la population iranienne à « seize control of your destiny ».

Le sort de Khamenei incertain

Dans une dépêche signée Jon Gambrell, Konstantin Toropin, Josh Boak et Aamer Madhani pour l’Associated Press, des responsables israéliens ont affirmé que l’ayatollah Ali Khamenei avait été tué lors des frappes. Deux responsables israéliens, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont indiqué à l’AP qu’Israël avait confirmé son décès.

Ni Washington ni Téhéran n’avaient officiellement confirmé l’information dans l’immédiat. Avant cette annonce, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi avait déclaré à NBC News que Khamenei était « vivant à sa connaissance ».

Si elle est confirmée, la mort du guide suprême — en fonction depuis 1989 — ouvrirait une phase institutionnelle majeure pour la République islamique.

Riposte iranienne dans tout le Golfe

L’Iran a rapidement répondu par des frappes de missiles et de drones visant Israël ainsi que des bases américaines et des installations militaires dans plusieurs pays du Golfe.

Selon l’Associated Press, des missiles ont été tirés vers Israël, où le service d’urgence Magen David Adom a signalé 89 blessés légers. À Bahreïn, un missile aurait visé le quartier général de la 5e flotte américaine. Au Koweït, la base d’Ali al-Salem a été ciblée, tandis qu’au Qatar un radar d’alerte avancée aurait été touché.

Un article d’Al Jazeera, rédigé par son équipe avec des contributions de l’AP et de Reuters, confirme que l’Iran a revendiqué des frappes contre des actifs américains à Bahreïn, au Koweït, au Qatar et aux Émirats arabes unis. Le Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) a déclaré que toutes les cibles militaires américaines et israéliennes dans la région étaient désormais légitimes.

Aux Émirats arabes unis, des débris d’un missile intercepté ont causé la mort d’au moins une personne à Abou Dhabi, selon l’AP. Un incendie a également touché un bâtiment à Palm Jumeirah, à Dubaï.

Plusieurs pays du Golfe ont temporairement fermé leur espace aérien.

Bilan humain en Iran

L’Associated Press rapporte que le Croissant-Rouge iranien fait état d’au moins 201 morts et plus de 700 blessés en Iran. Une frappe dans le sud du pays a touché une école de jeunes filles. L’agence IRNA a indiqué qu’au moins 40 personnes avaient été tuées dans cette attaque, sans préciser s’il s’agissait d’élèves.

Un porte-parole du Commandement central américain, cité par l’AP, a indiqué que les États-Unis étaient au courant des informations concernant cette frappe et les examinaient.

Le détroit d’Ormuz sous surveillance

Selon The Guardian et l’Associated Press, des avertissements ont été diffusés aux navires marchands concernant une possible fermeture du détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique voit transiter environ un tiers des exportations mondiales de pétrole transportées par voie maritime.

L’Agence internationale de l’énergie atomique a indiqué surveiller la situation et n’avoir détecté aucun impact radiologique à ce stade.

Position du Canada

À Mumbai, où il effectue une mission économique, le premier ministre Mark Carney a publié un communiqué conjoint avec la ministre des Affaires étrangères Anita Anand. Ottawa affirme que « la République islamique d’Iran est la principale source d’instabilité et de terrorisme au Moyen-Orient » et soutient l’action américaine visant à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire.

Le Canada a rappelé avoir inscrit le Corps des gardiens de la révolution islamique sur sa liste d’entités terroristes et avoir sanctionné 256 entités et 222 individus iraniens.

Dans une chronique publiée dans le National Post, Michael Higgins a estimé que le premier ministre avait adopté une position claire en appuyant l’intervention américaine, y voyant un alignement assumé sur les alliés traditionnels du Canada.

Mobilisation de la diaspora iranienne au Canada

Au Canada, des manifestations ont eu lieu en soutien au mouvement anti-régime en Iran. Selon un reportage d’Isabel Teotonio, Alexa MacKie et Joshua Smith dans le Toronto Sun, des dizaines de milliers de personnes ont défilé à Richmond Hill quelques heures après le début des frappes.

Les manifestants brandissaient l’ancien drapeau pré-révolutionnaire et des pancartes appelant à un changement de régime. L’événement fait suite à un rassemblement estimé à 350 000 personnes à Toronto le 14 février.

Débats politiques aux États-Unis

L’Associated Press rapporte que certains élus démocrates ont critiqué l’absence d’autorisation formelle du Congrès pour cette opération. La Maison-Blanche affirme avoir informé des leaders des deux partis à l’avance.

Au sein de la droite américaine et occidentale, les réactions apparaissent contrastées : si une partie des élus et commentateurs soutient l’opération au nom de la dissuasion et de la lutte contre la prolifération nucléaire, d’autres expriment des réserves quant aux risques d’élargissement du conflit.

Une nouvelle phase stratégique

Les premières indications, selon The Guardian, suggèrent une campagne aérienne pouvant durer plusieurs semaines, sans annonce de déploiement de troupes terrestres occidentales à ce stade. L’Iran dispose encore d’un stock estimé à environ 2 000 missiles balistiques.

L’évolution de la situation dépendra notamment de l’intensité des frappes, de la capacité iranienne de riposte, et de la stabilité des voies maritimes stratégiques.

En l’espace de quelques heures, le conflit israélo-iranien a ainsi pris une dimension directe impliquant les États-Unis et plusieurs États du Golfe, ouvrant une séquence militaire et diplomatique majeure pour la région.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine