Deux longues années après les attaques du 7 octobre par le Hamas contre des villages israéliens proches de la frontière avec Gaza, le monde n’est plus ce qu’il était avant cette date fatidique. La réponse israélienne fut d’une brutalité sans nom, et tous les alliés traditionnels de l’État hébreu, les pays occidentaux en tête, ont progressivement changé leur fusil d’épaule. La reconnaissance de la Palestine par la France, l’Australie, le Royaume-Uni et le Canada constitue un virage majeur. Le plan de paix proposé par Donald Trump suscite de l’espoir là où il n’y en avait plus. Voici pourquoi cette guerre doit se terminer au plus vite, pour le bien de tous — Occidentaux comme musulmans, Israéliens comme Palestiniens.
Le 7 octobre 2023, le Hamas déclenchait une opération préparée de longue date : le « déluge d’Al-Aqsa », du nom du Dôme du Rocher, troisième lieu saint de l’islam, menacé selon plusieurs observateurs par des ministres israéliens qui aimeraient y reconstruire un temple en remplacement de celui détruit en 70 après Jésus-Christ par les Romains — un traumatisme majeur dans l’histoire juive.
Lors de cette journée tragique, plus de 1 200 Israéliens trouvèrent la mort : des habitants de plusieurs kibboutz, des implantations agricoles coopératives, des militaires endormis dans leur caserne, ainsi que des participants à un festival de musique électronique. La réponse ne se fit pas attendre. Malgré le choc initial, la société israélienne, sidérée, réagit avec une vigueur extrême : le jour même, des bombardements s’abattirent sur la bande de Gaza.
Ce qui compliqua davantage la situation fut l’enlèvement de plus de 200 otages, ressortissants de plusieurs pays. Certains furent libérés, d’autres périrent dans les combats ou sont toujours portés disparus. Israël prit quelques semaines pour planifier une invasion terrestre à grande échelle de Gaza, un territoire d’à peine les deux tiers de la superficie de l’île de Montréal.
En deux ans, l’équivalent de cinq à six bombes atomiques ayant frappé Hiroshima en 1945 se serait abattu sur Gaza, laissant derrière elles un champ de ruines. Les pertes sont incalculables : si l’on parle de 65 000 morts, dont les deux tiers seraient des femmes et des enfants, le bilan réel est sans doute bien plus lourd. Il ne pourra être établi qu’une fois des organisations internationales indépendantes présentes sur place.
Avec cette guerre, non seulement Gaza a été presque entièrement rasée, mais Israël est devenu un État paria, probablement le plus détesté de la planète. L’économie israélienne est en crise, le tourisme s’est effondré, et les exportations sont de plus en plus boycottées — y compris par certains pays occidentaux. Les touristes israéliens, et plus largement les juifs, sont pris à partie dans de nombreuses régions du monde. L’antisémitisme représente désormais une menace physique bien réelle pour beaucoup.
La guerre a remis en cause la normalisation d’Israël amorcée avec les accords d’Abraham, succès diplomatique de la présidence Trump. Les islamistes ont profité de cette séquence pour s’imposer comme jamais dans la société civile. À Montréal, les prières de rue, jadis inexistantes, sont devenues une controverse politique majeure. François Legault et Paul St-Pierre Plamondon ont promis de les interdire, estimant qu’elles servent moins à exprimer la solidarité avec la Palestine qu’à affirmer une présence idéologique dans l’espace public.
Le plan de paix proposé par Donald Trump suscite enfin un regain d’espoir. Le tournant fut probablement l’attaque israélienne contre le Qatar, allié stratégique des États-Unis et intermédiaire clé dans les négociations avec le Hamas. Il faut dire que le Qatar a promis d’importants investissements aux États-Unis, et que Donald Trump, en tant que président, doit privilégier avant tout les intérêts économiques immédiats de son pays.
Les faits finissent par l’emporter sur l’idéologie. Chaque jour qui passe coûte des vies — non seulement celles de Gazaouis pris en otage d’un régime tyrannique, mais aussi celles de soldats israéliens. Le taux alarmant de suicides dans les rangs de Tsahal en est un symptôme préoccupant, tout comme les pertes sur le terrain, sans doute sous-estimées pour des raisons stratégiques.
C’est pour cela que le Hamas doit accepter l’accord proposé par Donald Trump. Israël doit se retirer de Gaza, laissant l’autorité aux familles influentes de l’enclave ainsi qu’à une force internationale composée de pays musulmans. Des vies pourront ainsi être sauvées grâce à l’entrée accrue d’aide humanitaire et à la fin des hostilités. C’est également nécessaire pour nous, les Occidentaux.
Ce conflit empoisonne nos sociétés depuis trop longtemps. D’un côté, les islamistes ont trouvé un alibi idéal pour s’imposer dans la rue ; de l’autre, nos concitoyens juifs sont menacés par des individus radicalisés qui justifient la violence par les atrocités relayées sur les réseaux sociaux. Nous avons besoin de paix sociale pour affronter les crises à venir. Les conflits internationaux deviennent des diversions dangereuses qui sapent, à terme, la cohésion de nos sociétés.
Personne n’a vraiment intérêt à ce que le conflit perdure : ni Israël, plongé dans une crise économique, sociale et culturelle profonde ; ni la Palestine, qui voit son bilan humain s’alourdir de jour en jour ; ni le monde arabe, fragilisé par l’instabilité ; ni enfin les sociétés occidentales, où la tension communautaire mine le vivre-ensemble.



