Dans une chronique publiée le 26 août 2025 dans le National Post, Carson Jerema soulève une question délicate mais essentielle : que signifie réellement « être journaliste » dans un contexte de guerre, et jusqu’où les médias occidentaux ferment-ils les yeux sur les affiliations terroristes de certains correspondants de Gaza et du Liban ? Selon lui, l’inflation médiatique du nombre de journalistes tués dans la guerre entre Israël et le Hamas repose en partie sur une confusion entretenue, voire une complaisance volontaire, à l’égard de personnes qui travaillent pour des organes de presse liés directement à des organisations terroristes.
La critique des narratifs médiatiques occidentaux
Jerema commence par relever la manière dont des médias occidentaux ont couvert une frappe israélienne sur un hôpital de Gaza ayant causé une vingtaine de morts. Le Globe and Mail, relayant une dépêche de Reuters, titrait : « Multiple journalists killed by Israeli strikes on Gaza’s Nasser Hospital » (Plusieurs journalistes tués dans une frappe israélienne contre l’hôpital Nasser, à Gaza). Pourtant, rappelle Jerema, il faut lire plusieurs paragraphes avant de découvrir que l’armée israélienne visait un dispositif de surveillance soupçonné d’appartenir au Hamas sur le toit du bâtiment.
Pour lui, cette mise en avant systématique de la mort de journalistes nourrit un récit implicite : Israël chercherait à réduire au silence la presse. Or, insiste-t-il, la réalité du terrain est plus complexe. Dans un contexte de guerre urbaine où le Hamas se retranche dans des infrastructures civiles, les risques pour les non-combattants – y compris les reporters – sont inévitables.
D’autant plus qu’on parle d’une très petite région d’une quarantaine de kilomètres de long et moins d’une dizaine de large ; il est normal que la densité des opérations soit élevée dans le secteur, le rendant d’autant plus risqué.
Le rôle de la propagande et la crédulité des médias
Selon Jerema, les médias occidentaux jouent, consciemment ou non, le rôle de relais de la propagande du Hamas. Ils adoptent sans recul les chiffres de victimes fournis par des sources pro-palestiniennes, omettent de distinguer civils et combattants, et occultent les tactiques de boucliers humains. Le chroniqueur rappelle que la guerre actuelle a commencé avec le massacre du 7 octobre 2023, au cours duquel 1 200 Israéliens ont été tués.
Surtout, il critique la tendance à présenter la mort de chaque journaliste comme un « ciblage » alors que le métier de correspondant de guerre comporte, par nature, un risque élevé. Dans le cas de la frappe de l’hôpital, il est même possible, écrit-il en s’appuyant sur Reuters, que des journalistes aient été tués en se précipitant sur les lieux après le premier tir, avant que le deuxième obus ne frappe.
Quand des « journalistes » sont en réalité des combattants
Carson Jerema cite une analyse de James Kirchuk montrant que près de la moitié des 197 journalistes répertoriés comme tués depuis le 7 octobre par le Committee to Protect Journalists travaillaient pour des médias affiliés à des organisations terroristes : la télévision Al-Aqsa liée au Hamas, Al-Quds Al-Youm dirigée par le Jihad islamique, ou encore Al-Manar, propriété du Hezbollah.
Cette confusion volontairement entretenue permet, selon lui, aux critiques occidentaux d’Israël d’amplifier les chiffres et de brandir la liberté de presse comme argument, alors qu’il s’agit souvent de militants armés pratiquant la désinformation.
Le cas Anas al-Sharif : journaliste ou membre du Hamas ?
Jerema consacre une large partie de son texte au cas d’Anas al-Sharif, correspondant pour Al Jazeera tué le 10 août 2025. Les médias occidentaux l’ont présenté comme un journaliste martyr, à l’image de CNN qui titrait : « Anas Al-Sharif became the face of the war in Gaza for millions. Then Israel killed him. » Pourtant, Israël affirme qu’il était un « opérateur actif » du Hamas, payé par l’organisation, membre de la Nakba Force et commandant d’une escouade de lancement de roquettes. Des documents saisis à Gaza et publiés en octobre 2024 confirment, selon le Times of Israel, son enrôlement au sein de la branche militaire dès 2013.
Pour Jerema, l’indignation occidentale est sélective : on s’indigne qu’Israël ait visé un journaliste, mais on ignore qu’il s’agissait d’un cadre opérationnel du Hamas.
Une complaisance persistante envers Al Jazeera
Le chroniqueur note qu’Al Jazeera a déjà employé plusieurs individus identifiés par Israël comme des membres actifs de groupes terroristes. Outre Anas al-Sharif, Hossam Shabat – présenté comme sniper du Hamas – et Ismail al-Ghoul – participant aux attaques du 7 octobre – étaient également sur la chaîne qatarie. Malgré cela, les rédactions occidentales refusent de questionner la ligne éditoriale ou les pratiques de recrutement de ce média, préférant accuser Israël de s’en prendre à la liberté de presse.
Une conclusion sévère pour la profession
Carson Jerema termine sa chronique en soulignant l’étrange paradoxe d’une profession censée cultiver le scepticisme mais qui, dès qu’il s’agit d’Israël, accepte sans questionner les récits les plus fragiles. Pour lui, cette attitude contribue à brouiller la frontière entre journalisme et propagande, et à légitimer une désinformation qui sert directement les objectifs de groupes terroristes.



