Glenn Beck se dit prêt à payer la chirurgie d’une Canadienne approuvée pour l’aide à mourir

L’histoire de Jolene Van Alstine — cette résidente de Regina souffrant depuis des années d’une maladie endocrinienne rare et approuvée pour l’aide médicale à mourir faute d’obtenir une chirurgie — fait partie de ces moments où l’actualité révèle de manière brutale les fissures de notre système de santé. Et voilà que l’affaire prend une dimension transfrontalière : comme le rapporte Spiro Papuckoski au Toronto Sun, l’animateur et commentateur politique américain Glenn Beck s’est engagé à financer une intervention chirurgicale aux États-Unis afin d’éviter que la patiente ne recoure à MAID.

Un geste inattendu venu des États-Unis

Papuckoski rapporte dans le Toronto Sun que Glenn Beck a fait son offre mardi sur la plateforme X, après avoir appris que Jolene Van Alstine avait été approuvée pour recevoir l’aide médicale à mourir le 7 janvier 2026. Le commentateur conservateur américain a présenté cette situation comme emblématique des dérives d’un système prétendument “progressiste et compatissant”, appelant un chirurgien américain à se manifester et affirmant qu’il couvrirait tous les coûts pour que la femme puisse recevoir son traitement chez nos voisins du Sud. « Canada must END this insanity and Americans can NEVER let it spread here » (Le Canada doit mettre FIN à cette folie, et les Américains ne doivent JAMAIS la laisser se répandre chez eux), a-t-il lancé.

Quelques heures plus tard, Van Alstine elle-même s’est manifestée publiquement pour vérifier le sérieux de l’offre. Papuckoski rapporte qu’elle a écrit : « Do you mean that? I am Jolene Van Alstine, the person in the article » (Es-tu sérieux? Je suis Jolene Van Alstine, la personne dans l’article), accompagnant son message d’un selfie pris depuis une chambre d’hôpital.

Une maladie rare, une douleur constante et un épuisement psychologique

Selon les informations du Toronto Sun, Jolene Van Alstine souffre d’une forme rare d’hyperparathyroïdie, une hyperplasie parathyroïdienne normocalcémique primaire, qui dérègle le calcium sanguin et provoque un ensemble de symptômes d’une sévérité extrême. Depuis plusieurs années, elle vit avec des douleurs abdominales incessantes, des fractures osseuses à répétition, une fatigue écrasante, des épisodes de dépression liés à la chronicité de la maladie ainsi qu’une succession de nausées et de vomissements qui rythment désormais son quotidien. Une première intervention chirurgicale en 2020 n’a pas suffi : le mari de la patiente, Miles Sundeen, croit qu’une glande laissée en place surcompense aujourd’hui et continue de lui infliger des souffrances intolérables. Lors d’une conférence de presse relayée dans l’article, il décrivait un état de désespoir si profond qu’il craignait parfois de ne pas la retrouver vivante en rentrant du travail.

Le désert médical en Saskatchewan

Le drame de Van Alstine s’explique autant par la maladie elle-même que par l’effondrement du réseau de soins spécialisé. Papuckoski souligne que la Saskatchewan ne dispose actuellement d’aucun endocrinologue acceptant de nouveaux patients, ce qui plonge des malades comme Van Alstine dans un vide administratif absolu : sans spécialiste, elle ne peut obtenir ni diagnostic actualisé, ni référence vers une clinique chirurgicale ailleurs au Canada, ni même une simple évaluation de son évolution. Elle a tenté de s’adresser à une clinique de Tampa, en Floride, mais l’établissement exigeait un renvoi officiel d’un endocrinologue canadien — renvoi qu’elle ne peut obtenir depuis que son ancien spécialiste a refusé de la revoir après l’opération de 2020. Ainsi, la possibilité d’être opérée ailleurs au pays s’éloigne continuellement, et celle de recourir à un médecin aux États-Unis demeure théorique faute de recommandation et de moyens financiers.

MAID approuvé : la dernière issue avant la mort

Privée de soins spécialisés, Van Alstine a fini par déposer une demande officielle pour recevoir l’aide médicale à mourir. Comme le rapporte Papuckoski, cette demande a été approuvée : elle pourrait donc mettre fin à sa vie dans quelques semaines seulement. Devant l’Assemblée législative provinciale, le 26 novembre, elle a décrit une existence littéralement rendue insupportable par la maladie. La CBC, citée par le Toronto Sun, rapporte ses paroles : « Every day I get up and I’m sick to my stomach and I throw up and I throw up » (Chaque jour, je me lève et je suis malade, j’ai mal au coeur, et je vomis, et je vomis…). Devant les élus, elle suppliait que quelqu’un, quelque part, l’aide enfin à obtenir la chirurgie dont dépend sa survie.

L’intervention de Glenn Beck : médecins intéressés et démarches diplomatiques

L’article du Toronto Sun précise qu’après sa publication, Glenn Beck dit avoir été contacté par plusieurs médecins américains qui se disent prêts à examiner son dossier. Il affirme également être en contact direct avec Van Alstine et son mari. Mais un autre obstacle se dresse : le couple n’a pas de passeports. Beck a indiqué que son équipe avait communiqué avec le département d’État de l’administration Trump. « All I can say for now is they are aware of the urgent life-saving need and we had a very positive call » (Tout ce que je peux dire pour l’instant, c’est qu’ils sont au courant de l’urgence vitale de la situation et que notre appel s’est très bien déroulé.), a-t-il écrit sur X, laissant entendre que des démarches administratives exceptionnelles pourraient être envisagées.

Une issue encore incertaine

À ce stade, rien ne permet d’affirmer que Van Alstine pourra obtenir la chirurgie avant la date prévue de son injection létale. L’histoire demeure suspendue entre deux extrêmes : la mort assistée, dernier refuge d’une femme abandonnée par un système de soins saturé, ou une opération salvatrice réalisée aux États-Unis grâce à l’offre inattendue d’un commentateur politique étranger. Ce que révèle ce drame, comme le montre l’article de Spiro Papuckoski pour le Toronto Sun, c’est moins un débat théorique sur MAID qu’une crise profonde d’accès aux soins spécialisés, où l’absence de médecins transforme des maladies traitables en condamnations à mort.

Facebook
Twitter
LinkedIn
Reddit
Email

Les nouvelles à ne pas manquer cette semaine