L’assassinat du militant conservateur Charlie Kirk aux États-Unis et l’enquête qui s’ensuit sur l’usage de la plateforme Discord par des réseaux militants de gauche rejaillissent directement sur le gouvernement canadien. En cause : les liens étroits entre Ottawa et le Canadian Anti-Hate Network (CAHN), un organisme financé par l’État et soupçonné d’entretenir des proximités idéologiques avec les mouvances Antifa. Ce mélange explosif, baptisé désormais « HateGate », place les libéraux dans une position inconfortable.
Discord, Antifa et l’assassinat de Charlie Kirk
Comme le rapporte Sam Cooper sur son Substack The Bureau (17 septembre 2025), l’enquête américaine sur le meurtre de Charlie Kirk par un étudiant radicalisé, Tyler Robinson, a mis en lumière le rôle central joué par Discord dans la circulation de messages politiques et de menaces de violence. Robinson aurait laissé derrière lui des douilles gravées de slogans antifascistes, confirmant la dimension idéologique du geste.
Selon Cooper, Discord n’est pas seulement un outil d’échanges pour des jeunes militants américains : au Canada aussi, il sert à des réseaux Antifa-alimentés pour coordonner des campagnes de harcèlement et compiler des « dossiers cibles » sur des opposants. La journaliste et avocate Caryma Sa’d affirme que certaines de ces données ne pouvaient provenir que de fuites d’insiders – fonctionnaires, syndicalistes ou membres de professions libérales.
C’est ici que le lien canadien devient compromettant : Sa’d avance que le Canadian Anti-Hate Network aurait directement ou indirectement contribué à ce type d’activités de ciblage, malgré ses dénégations officielles. Elle rappelle même qu’un jugement en Ontario a reconnu que le CAHN avait « aidé Antifa ».
Le CAHN et le gouvernement Trudeau : un partenariat embarrassant
Or, le CAHN n’est pas une organisation marginale. Comme l’indique Sam Cooper, il a reçu près de 908 400 $ de fonds publics depuis 2020, via Patrimoine canadien et Sécurité publique. Son mandat officiel : surveiller et documenter les groupes d’extrême droite. Mais sa pratique, selon ses propres dirigeants, est assumée comme ouvertement militante.
Lors d’une séance parlementaire en 2022, son directeur exécutif Evan Balgord avait admis : « We wear our biases on our sleeves. We are very proudly anti-fascist, and we focus on the far right » (« Nous portons nos biais ouvertement. Nous sommes très fièrement antifascistes et nous nous concentrons sur l’extrême droite. »).
Cette orientation unilatérale devient problématique quand on apprend que le gouvernement Trudeau a intégré les analyses du CAHN dans sa stratégie sécuritaire. Selon le rapport The HateGate Affair de Caryma Sa’d et Elisa Hategan, cité par David Wiechnik dans le Western Standard (18 septembre 2025), l’ancien ministre de la Sécurité publique Marco Mendicino s’était appuyé sur des données fournies par le CAHN lors de l’invocation de la Loi sur les mesures d’urgence contre le Convoi des camionneurs. Mendicino nie connaître l’organisation, mais le rapport documente des rencontres avec Bernie Farber, président du CAHN.
L’affaire Diagolon et la fabrication d’une menace
Le scandale a pris le nom de « HateGate » après la publication d’un rapport de 85 pages analysé par Harrison Faulkner dans un article de True North (18 septembre 2023). Cette enquête a révélé que le gouvernement avait exagéré la menace posée par Diagolon, un groupe mème présenté comme une milice dangereuse, en s’appuyant quasi exclusivement sur les analyses du CAHN.
Pour Faulkner, le problème n’est pas seulement la crédibilité de l’information, mais l’institutionnalisation d’un organisme militant financé par l’État, cité comme expert par les grands médias et intégré dans les rouages de la sécurité nationale. « Quand vous réalisez que le gouvernement Trudeau a financé le CAHN, nommé certains de ses membres à des postes publics et utilisé ses rapports pour justifier des décisions de crise, vous comprenez pourquoi on parle de HateGate », résume-t-il.
Une double crise : perception et sécurité
La concomitance entre l’affaire américaine Kirk et les révélations canadiennes place le gouvernement libéral dans une impasse. D’un côté, il se présente comme garant de la lutte contre la haine et l’extrémisme. De l’autre, il apparaît désormais comme lié à un organisme idéologiquement polarisé, soupçonné d’avoir contribué à détourner l’attention des menaces d’extrême gauche – menaces dont l’actualité américaine démontre la gravité.
Pour les critiques, la question n’est plus seulement celle du financement public du CAHN, mais celle de la capture idéologique des institutions de sécurité canadiennes. Comme le souligne Caryma Sa’d, « il faut nettoyer la maison » si l’on veut restaurer une application impartiale de la loi.



