Honteux : le SCRS considère la promotion de la féminité traditionnelle et de la maternité comme un extrémisme et un risque à la sécurité nationale

Il y a des rapports de renseignement qui inspirent le respect, la gravité, voire l’inquiétude. Et puis il y a celui-ci : « Weaponizing Femininity: female influencers’ use of social media to promote extremist narratives ». Rédigé par le Centre intégré d’évaluation des menaces (CIEM), et révélé par Stewart Bell de Global News, ce document prétend sonner l’alarme sur une menace insidieuse : des femmes, sur TikTok ou Instagram, qui diffuseraient de dangereux propos… en parlant de maquillage, de cuisine ou d’éducation des enfants.

Non, ce n’est pas une satire. Oui, ce rapport est réel. Et oui, il a été rédigé par un organe de notre appareil de sécurité nationale.

Les mères de famille : cheval de Troie de l’extrême-droite

À en croire le CIEM, des « influenceuses extrémistes » instrumentaliseraient la féminité pour insinuer, dans des contenus « bénins », des idées radicales : critiques de l’immigration, de la théorie du genre, ou du féminisme moderne. Autrement dit, le simple fait de prôner la maternité, les rôles traditionnels ou l’autonomie financière hors des canons progressistes serait désormais une « radicalisation douce ».

Le rapport, datant de 2023 mais révélé seulement maintenant, s’inquiète du succès des contenus tradwives (épouses traditionnelles) ou mommy blogs, et ose associer des préoccupations parentales, comme l’éducation sexuelle ou la vaccination, à des risques de terrorisme. On y lit que « certaines blogueuses expriment des préoccupations sur l’éducation sexuelle en tenant des propos xénophobes ». Traduit : si une mère s’inquiète que l’école impose à son enfant une idéologie sexualisée prématurée, elle est potentiellement radicalisée.

On croit rêver.

Une féminité suspecte… si elle n’est pas conforme

Ce qui frappe dans ce rapport, c’est la nature profondément idéologique du soupçon qu’il véhicule : la féminité est acceptable tant qu’elle épouse les dogmes progressistes — féminisme intersectionnel, inclusion 2SLGBTQIA+, cosmopolitisme militant. Mais qu’une femme défende le foyer, la transmission des valeurs ou critique l’idéologie de genre, et elle devient suspecte. Son rouge à lèvres cache une grenade. Son tablier devient un uniforme politique.

Ce n’est pas une analyse du terrorisme : c’est un procès en sorcellerie numérique, déguisé en rapport de sécurité nationale.

L’État contre les mères de famille?

Ce qu’on lit entre les lignes du rapport est encore plus préoccupant : le gouvernement canadien semble désormais considérer comme potentiellement dangereux tout contenu qui ne reflète pas l’idéologie officielle. On ne parle plus ici d’Al-Qaïda ni des Frères Musulmans, mais bien de mères de famille qui partagent des recettes ou dénoncent la sexualisation des enfants à l’école. Pire : certaines d’entre elles lèveraient des fonds pour des causes conservatrices ou dénonceraient le confinement abusif imposé durant la pandémie. Là encore, le rapport y voit des marqueurs d’extrémisme.

On comprend mieux pourquoi les véritables menaces — comme les cellules islamistes actives à Montréal ou les cyberattaques étrangères — sont négligées : nos agences préfèrent scruter les blogueuses chrétiennes sur YouTube.

Une dérive d’État inquiétante

Au-delà du grotesque, ce rapport révèle une dérive plus profonde : celle d’un État qui n’analyse plus, mais juge ; qui ne sécurise plus, mais idéologise. Ce que le CIEM appelle « extrémisme » n’est souvent qu’une pensée alternative au discours dominant. Et ce glissement sémantique est dangereux : aujourd’hui les tradwives, demain les journalistes dissidents, après-demain les simples citoyens critiques.

Plutôt que de surveiller les foyers potentiels de violence réelle — comme les réseaux islamistes, les gangs criminels transnationaux ou les milices violentes —, on surveille les foyers… au sens propre. Ceux où des femmes, sans haine, sans arme, défendent un mode de vie non conforme à la gauche urbaine.

Un rapport qui ridiculise les services de renseignement

Avec ce document, le CIEM vient de saper sa propre crédibilité. Non seulement ce rapport ne mérite pas d’être pris au sérieux, mais il jette une lumière inquiétante sur l’obsession idéologique de certains fonctionnaires de l’appareil sécuritaire canadien. Des fonctionnaires qui voient dans toute critique du multiculturalisme ou du féminisme d’État une menace, mais ferment les yeux sur les appels au djihâd dans les rues de Montréal.

Ce n’est pas de sécurité nationale qu’il s’agit ici, mais de répression culturelle, de signalement idéologique, et d’un mépris total pour la diversité d’opinions légitimes au sein d’une société libre.

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